… et de la Paix
La paix s’entretient, se prépare.
Cela va au delà de la diplomatie qui vise d’abord à défendre les intérêts de sa nation.
Honte aux chefs d’état qui ne travaillent pas – toute affaire cessante – à l’avènement ou au maintien de la paix.
Honte aux peuples qui les ont mis au pouvoir..
Indésirables de DianeAfoumado
Livre cruel mais indispensable pour qui veut comprendre les horreurs du temps passé et les injures du présent en certaine région du monde.
Calmann Levy / Mémorial de la Shoah
Au mois de juin à Evian s’est tenu du 15 au 17 le G7 2026.
On a fait des réunions à l’Hôtel Royal et des participants à cette conférence y ont été logé.
Cet Hôtel, le seul en France, sans doute, à pouvoir accueillir autant de monde, est bien connu des historiens puisqu’il a reçu une autre conférence, nettement plus grave, en 1938, du 6 au 16 juillet. A quelques jours de Munich et de la Nuit de Cristal, il s’est agi, à la demande de Franklin D. Roosevelt, de savoir si les états ayant répondu favorablement à son invitation accepteraient d’accueillir des réfugiés provenant d’Allemagne. On parle surtout de juifs – sans les nommer – qu’Hitler veut bannir.
Il y a deux soucis: Les pays avancent un problème de quotas déjà fixés et leur niveau de moralité est au plus bas. Les participants à Evian cherchent par tous les moyens à refuser les réfugiés juifs, car c’est bien de cela qu’il s’agit lorsque le délégué de Colombie fait référence à la « civilisation chrétienne » dans son intervention. On sait que la France et la Grande Bretagne cherchent à conserver les meilleurs relations du monde avec Hitler. Pas question de le froisser avec des discours ombrageux sur sa politique. Mackenzie king (Premier ministre canadien en 1938) ira jusqu’à célébrer Hitler en le qualifiant « d’homme adorable et très sincère ».
Avant tout chose, il y a un grave préjugé stigmatisant les « Israélites ». Le président du Conseil roumain, Octavian Goga, clame en janvier 1938 :…« Au cas où les juifs ne parviendraient pas à prouver qu’ils peuvent vivre de leur propre travail, ce serait la preuve qu’il ne sont pas dignes de vivre « . C’est tout dire…
Plusieurs nations voudront bien recevoir des juifs – essentiellement citadins – mais à la condition que ceux ci soient déjà agriculteurs ou bûcherons.
Le dictateur de St Domingue, Rafael Leónidas Trujillo Molina, accepte de recevoir des réfugiés. On comprendra vite que son seul intérêt est de faire venir des « blancs » dans son île qu’il juge trop métissée.
Les trois grands pays que sont les USA, la Grande Bretagne et la France ne donneront pas suite à cette appel au secours des juifs d’Allemagne pour qui Evian est un dernier espoir.
Depuis le début des années trente, les gouvernements français n’avaient cessé de dire que la France est un pays de transit et non d’immigration.
Ces naufragés n’ont pas d’intérêt pour nos grandes démocraties. Qu’ils aillent donc ailleurs se noyer.
Devant cet échec, les allemands triomphent.
Le 13 juillet 1938, le Volkischer Beobachter titre : « personne n’en veut ». Deux semaines après la conférence, Weizsaker, Secrétaire général des Affaires Étrangères sous la direction de Von Ribbentrop, résume ainsi les résultats d’Evian lors d’une discussion avec l’ambassadeur britannique à Berlin : « Bien que beaucoup de pays produisent des juifs, il semble qu’aucun ne soit disposé à en consommer » .
Notre époque et notre attitude à l’égard des réfugiés est très semblables à ce que nos parents et grands parents ont vécu en 1938 . Même égoïsme, même couardise que nous allons finir de payer très cher.
Le New York Times avait prédit:… » Si 32 nations qui se considèrent comme des démocraties ne peuvent se mettre d’accord sur un plan pour sauver quelques centaines de milliers de réfugiés, alors il est futile d’espérer qu’elles puissent coopérer pour quoi que ce soit » .
Le journal des nations (suisse): « On réduit, on transforme, on amenuise. Evian représentait l’espoir – l’illusion si l’on veut – de centaines de milliers de déshérités. L’espoir, l’illusion, ont disparu. Le phare est éteint, il faut le dire, il faut l’écrire dès le premier instant d’hommage. Mais au temps du « réalisme » on s’en voudrait de ne pas être « réaliste ».
Présent à Evian, James McDonald (Haut Commissaire de la Société des Nations pour les réfugiés venant d’Allemagne) conclut… « Hitler put poursuivre impunément son programme d’élimination du judaïsme allemand, suscitant des campagnes antisémites dans le monde entier » p225
« Lorsque la politique intérieure d’un pays menace d’entraîner la déchéance et l’exil de centaines de milliers d’êtres humains, les considérations d’ordre diplomatique doivent s’effacer devant les considérations humaines ». p226
« Le manque de clairvoyance des grandes puissances et leur mauvaise volonté à agir à temps pour faire avorter le programme hitlérien de destruction des minorités raciales et religieuses à l’époque où cela pouvait être fait sans risque de guerre ont contribué à rendre la guerre inévitable » .
Une fois de plus, les juifs ont été méprisés, exécrés, jetés à la rue comme des vauriens. Ils ont fini par y perdre leur âme. Comment juger autrement la violence que certains d’entre eux déploient aujourd’hui contre des innocents?
A méditer: « il y a une seule chose que j’espère voir avant de mourir: c’est que mon peuple n’ait plus jamais besoin qu’on lui exprime une quelconque sympathie « .
Golda Meir (présente à Evian en 1938), première ministre Israélienne de 1969 à 1974.
Livre Idées fausses sur l’histoire de France
Julien Théry
Il est historien, spécialiste du Moyen-âge. Il anime l’émission « La Grande H »sur « Le Média ».
Des fragments de son livre émaillent notre mise à jour de septembre 2026. Chaque fragment commence par une lettre rouge…
Combien de mensonges et combien d’erreurs gravissimes de jugements?!
Anatole France : « la guerre mondiale (la 1ère) fut essentiellement l’œuvre des hommes d’argent », et, « ce sont les hauts industriels des différents états de l’Europe qui, tout d’abord, la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent » écrivait il. L’hypothèse demeure valable . (P133)
Jean Galtier-Boissière fondateur du Crapouillot et journaliste au Canard Enchaîné : « Dans leur riante insouciance, la plupart de mes camarades n’avaient jamais réfléchi aux horreurs de la guerre « , écrit-il … « Persuadés de l’écrasante supériorité de notre artillerie et de notre aviation, nous nous représentions naïvement la campagne comme une promenade militaire, une succession rapide de victoires faciles et éclatantes » (p136)
C’est pendant les premiers mois de la guerre que les« fusillés pour l’exemple » avaient été les plus nombreux et de loin : environ 500 entre l’été 1914 et la fin 1915, pour un total de 600 à 650 sur toute la durée du conflit (sachant que le total des condamnations à mort prononcées aurait été d’environ 2400, sur près de 8 millions de soldats mobilisés pendant les 4 ans et 3 mois que dura la guerre…Soldats abattus sommairement parce qu’il refusait de monter à l’assaut dont le nombre est inconnu. (p137)
Ne pas confondre diplomates et représentants de commerce
(après Munich) Les ressources minières et industrielles des Sudètes étaient venus renforcer la puissance allemande. Les usines Skoda installées sur place, notamment, furent affectées à la production de chars d’assaut. L’accord de Munich avait même contraint les tchécoslovaques à livrer intact les fortifications militaires qu’ils avaient établies dans la région . (p140)
(après Munich) Blum: « Il n’y a pas une femme et pas un homme en France pour refuser à Monsieur Neville Chamberlain et à Édouard Daladier leur juste tribut de gratitude. La guerre est écartée. le fléau s’éloigne (…).Le péril tchécoslovaque est conjuré en tant que cause de guerre générale . (p141)
Anatole France, en 1922, dans une lettre célèbre publiée par l’Humanité : « un nombre infiniment petit a seul voulu la guerre, un nombre moindre encore en est responsable, et la masse innocente en a souffert mort et passion« . (p142)
Permis d’être couvert quoiqu’il arrive! L’Assemblée nationale approuve la présomption d’usage légitime des armes pour les forces de l’ordre
L’Assemblée nationale a approuvé, mardi 7 juillet, une présomption de légitime défense pour un policier ou un gendarme qui ferait usage de son arme à feu.
(le Monde 8 juillet 2026)
Ils ont bien compris nos dirigeants qu’il fallait couvrir, protéger les forces de l’ordre en fabricant une loi qui leur donne raison même quand ils ont fait la preuve de leur incapacité à gérer une situation dangereuse.
Nous faisons allusion à cette loi « Permis de tuer » qui met tout tireur de la Police Nationale dans une situation de légitime défense automatique.
Hein? Quoi? beuglent nos contradicteurs, vous faites semblant d’ignorer qu’il sera possible d’attaquer le tireur à tout moment dans un procès pour abus de légitime défense.
Oui, sauf qu’il faudra faire la preuve du délit policier. Il faudra être là au moment du crime, être témoin, rapporter des enregistrements video ou des photos, etc.
Ce sont des procédures très coûteuses et très longues (compter jusqu’à dix ans, estime t’on…).
Les policiers font un métier difficile, certes, mais il est stupide de vouloir en faire des innocents par essence. Certains sont des crapules.
Nous avons déjà un « Permis de tuer » avec les militaires. Pas la peine d’en faire un nouveau qui enfoncera un peu plus les simples citoyens dans le dégoût de la démocratie.
Julien Théry nous apprend que 9 policiers (en France) ont été déclaré « Juste parmi les nations » par Yad Vashem. C’est pas beaucoup.
Le 23 septembre 2026, sortie d’un film pacifiste qui mérite qu’on le voit sans mégoter.
C’est Justin le Juste de Eric Barbier d’après le roman éponyme de Jean Pompougnac
Salmigondis boutiquiers. Enchevêtrement de besoins fabriqués. Brouet du Diable.
» Voilà où nous en sommes au 20e siècle alors que les 2/3 de la superficie du monde sont inhabités, une poignée d’hommes qui – autant qu’il était possible de le constater – n’ont jamais violé aucune loi, ne bénéficiant même pas du droit humain le plus élémentaire, celui d’exister, et encore moins du droit de travailler pour gagner leur vie « Michel Hansson , « Les réfugiés de l’île de Syra ». Extrait du livre de Diane Afoumado « Indésirables » / Calman-levy . P19
Dans la vie civile, il est formellement interdit de tuer son semblable.Tout homicide est un crime. Le meurtrier doit être jugé sévèrement.
On peut aussi analyser son forfait. Des psychiatres disent leurs mots et des croyants vont chercher la patte du démon.
l’assassin est descendu bien bas. Il a violé un tabou. LE tabou!L‘interdit du meurtre.
On ne fait pas pire.
Avec la guerre, tout s’arrête. Le droit de tuer est maintenant sanctifié.
On peut tuer sans scrupule.
Sans morale.
Allelouia.
Le massacre de Thiaroye
Armelle Mabon. Edition « Le passager clandestin »
Il convient d’abord de lire le livre de l’historienne Armelle Mabon qui relate ce que l’on sait du massacre lui-même et qui expose les difficultés sans fin qu’elle connut pour tâcher d’éclaircir ce tragique évènement.
Ce qu’on n’ignore pas, c’est que Thiaroye 44 entre dans une série peu glorieuse de moments violents à la fin de la deuxième guerre mondiale. « De Madagascar avec ses 90000 morts dès mars 1947 à la« pacification « de l’Indochine et du pays Bamiléké, en attendant l’Algérie à partir de 1954« . P.8
Autant de moments visant les colonies françaises qu’il faut maintenir à tout prix.
L’histoire concerne des tirailleurs sénégalais déjà présents en 14 -18. « Ces soldats africains qu’en 1914-1918 le général Mangin envoyait en première ligne en griffonnant avec un petit sourire satisfait sur un bout de papier : « à consommer avant l’hiver, ne supportent pas le froid « . P9
La phrase de Mangin est essentielle car elle dit le fond de racisme qui siège dans les hauts cerveaux militaires depuis longtemps. Les gradés dans l’affaire de Thiaroye 44 sont d’ex St-Cyriens. Mangin a été formé à St Cyr, de même que De Gaulle qui couvrira – par son silence – ce sinistre imbroglio.
Les tirailleurs ont été prisonniers des allemands pendant 4 ans. A l’automne 44, le pays libéré, on décide de les renvoyer chez eux. Après un interminable voyage en bateau, ils « atterrissent » à Dakar, puis au camp de Thiaroye fin novembre. Les fusillés demandent que leur soient réglés des rappels de solde ainsi qu une prime de démobilisation. Les militaires français rechignent: on les a informé que les soldes des militaires étrangers doivent maintenant être payées avant leurs retours dans les pays respectifs.
Oui, mais les Sénégalais, partis trop tôt, n’ont rien touché. Colère des Sénégalais. Le 1er décembre au matin, un coup de feu part, d’on ne sait où, c’est le début du massacre. Après, on ignore tout. Combien sont morts? Où sont passés les corps?
L’affaire est en suspens depuis ce 1er décembre 1944.
Armelle Mabon est sûre qu’ils ont été délibérément assassinés puis jetés dans une fosse commune.
Elle dit dans son livre: (c’est) Un récit indigne qui bafoue l’honneur d’hommes venu d’Afrique noire défendre une France qui, au final, les remerciera en les spoliant, les suppliciant, les condamnant, les assassinant et jetant leurs cadavres dans des fosses communes comme des « non rentrés », des disparus sans identité, en aucun cas « Morts pour la France ». P208
Ci contre, une fresque qui suit la tragique aventure des Sénégalais de Thiaroye .
… La droite française était beaucoup plus inquiète des avancées sociales que de la menace allemande… elle redoutait bien plus le spectre du communisme que le nazisme, dont elle partageait largement le darwinisme social et le racisme en particulier antisémite . (p145)
Les forces de l’ordre ont constitué le principal pilier du régime de Vichy et de sa politique de collaboration, … La quasi-totalité de leurs membres ont servie fidèlement et parfois avec beaucoup de zèle… La rafle du Vel d’hiv (13 000 juifs envoyés à la mort sur initiative française), sans parler des réfractaires au STO et des opposants de tous ordres, en tout plus de 200 000 personnes ont été déportées après leur arrestation par la police française)… Sur 150 000 membres des forces de l’ordre françaises, 9 d’entre eux à ranger parmi les « Justes « . (p148)
« Paris outragé « , proclama le Général, s’était « libéré par lui-même« avec « l’appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle« . La fiction selon laquelle la vraie France n’était pas à Vichy mais à Londres aux côtés de De Gaulle ou dans les maquis a été maintenue officiellement par les représentants de la République française, y compris par un opposant historique à De Gaulle comme le président François Mitterrand jusqu’en 1995 . (p150)
Pour en savoir encore un peu plus, nous vous proposons de regarder cette vidéo du Site « Histoires crépues ».
Le ravage (le sac) du PALATINAT
Louis XIV dans ses oeuvres
Un livre de John A.Lynn
« Les guerres de Louis XIV » (Edition Perrin/Tempus)
Un désastre humanitaire
Le plan de campagne de l’automne 1688 prévoyait que les Français assiégeraient Philippsbourg et occuperaient des villes de Rhénanie afin de contraindre les États allemands à accepter les conditions françaises . La prise de philippsbourg avaient clairement pour but de protéger l’Alsace, qui avait subi quelques invasions pendant la guerre de Hollande. Le spectre de l’invasion hantait Louis XIV, plus que jamais décidé à protéger son territoire . (p260)
(Philippsbourg 1688) La forteresse se rendit le 30 octobre et la garnison sorti avec tous les honneurs de la guerre le premier novembre. Ce siège coûta aux français 588 officiers et soldats tués et 953 blessés. (p261)
(Mannheim) La garnison capitula le soir du 11 novembre… Le dauphin pris ensuite Frankenthal , tandis que d’autres villes se rendaient sans résister, entre autres Neustadt, Oppenheim, Worms, Bingen, Alzey, Kreusnach, Bacharach, Kaiserslauter, Heidelberg, Pforzheim, Heilbronn et Spire ; surtout, la forteresse–clé de Mayence . (p261)
(Coblence ) Louis XIV ordonna au lieutenant général de Boufflers de bombarder la ville en novembre pour en brûler l’intérieur sans avoir à pratiquer de brèche dans ses murailles. (p261)
Louis XIV adopta une politique de la terre brûlée pour empêcher l’ennemi de subsister sur les ressources locales. L’histoire a retenu la destruction qui s’ensuivit sous le nom infamant de Sac du Palatinat, bien que celui-ci ne fut pas seul à souffrir. (p262)
Louvois ordonnait au général de Monclair de se diriger à l’est vers le Neckar et de piller Stuttgart, Esslingen et Tübingen, et d’occuper helbronn, tout en abattant leurs murs . En même temps, tout devait être fait pour extorquer sous l’effet de la terreur le plus d’argent possible à l’état du Wurtemberg .(p263)
Dans sa lettre du 27 octobre, Chamlay suggéra les actes plus odieux : » j’oserais vous proposer quelque chose qui ne sera peut-être pas de votre goût, c’est que, le lendemain de la prise de Mannheim, je labourerai la ville par l’épée ». (p 263)
(Louvois ) Dans un ordre à l’intendant militaire Lagrange : « J’observe que le roi est pratiquement disposé à raser entièrement la ville et la citadelle de Mannheim et, dans ce cas, à détruire complètement les maisons, de telle sorte qu’il n’y ait plus pierre sur pierre . » l’intention n’était plus seulement de pressurer une population conquise (p263)
Louvois écrivit à Monclair le 18 décembre : « Sa Majesté vous recommande de faire bien ruiner toutes les places que vous laissez sur le Bas et le Haut Neckar de telle façon que l’ennemi ne trouvant aucun fourrage ou nourriture, n‘essaiera pas de s’en approcher. » … Louvois avait indiqué sur une carte tous les sites cités, villes, villages et châteaux destinés à la destruction. Le roi de France entérina la liste, n’épargnant que certains édifices religieux . (p263)
La frénésie de dévastation culmina de mars aux premiers jours de juin. Sous la direction de Téssé, un subordonné de Monclair, les troupes françaises en retraite expulsèrent les habitants de Heidelberg et mirent le feu à la ville le 2 mars. (p264)
(Louvois): « Le roi désire que les habitants de Mannheim soient informés de se retirer en Alsace et que tous les bâtiments de la ville soient rasés, sans rien laisser debout ». (p264)
Ce n’est qu’en mars que les Français incendièrent Mannheim. (p264)
L’incendie commença le 8 mars et se propagea les jours suivants. Le feu promettait de bien accomplir son œuvre, selon Monclair :« la ville étant presque entièrement construite en bois elle sera bientôt en cendres . » (p264)
Louvois ordonna à Montclair de tuer tout habitant qui tenterait de regagner son logis. Selon les termes de Chamlay, Mannheim avait été nivelé« comme un champ »
(p265)
Le 31 mai , le feu consuma Oppenheim et Worms … Les flammes dévorèrent Spire le lendemain, premier juin, et Bingen, le 4 juin . Duras rendit compte que parmi les ruines fumantes de Worms, pas un seul logement ne demeurait debout. (p265)
Téssé rapporta que tandis que les Français détruisaient Mannheim, ils brûlèrent aussi tous les villages alentours dans un périmètre de 4 lieux, ou 16 km. (p265)
Il s’avéra pratiquement impossible d’ordonner à un soldat d’incendier une maison mais de ne rien voler de son contenu ou de ne pas abuser de ses occupants. En outre, une grande partie de ce travail était effectuée par des patrouilles isolées loin du regard des officiers supérieurs. La conduite de tels pillards varia selon la rapacité des hommes… Les soldats n’étaient pas toujours maîtres d‘eux mêmes, mais devenaient littéralement ivres de pillage, car ils consommaient le vin des celliers condamnés. il commirent d’effroyables excès, et la brutalité engendrait les représailles, les Allemands assassinant les Français.
(p266)
L’écœurement provoqué par les souffrances infligée par la guerre de 30 ans engendra peut-être l’espoir que la brutalité finirait, ou du moins diminuerait, et c‘est pourquoi le Sac du Palatinat choqua d’autant plus . (p266)
En 1674, Turenne dévasta les terres entre le Main et le Neckar afin d’empêcher toute avancée allemande. En Alsace, et , en 1677, Les Français saccagèrent la région de la Meuse afin de créer à nouveau un obstacle logistique contre leurs ennemis… Seul le Sac du palatinat se graverait dans la conscience européenne. (p267)
La suite se trouve dans le livre de Bernard Pujo sur « Vauban » (Albin Michel Edition): « La dévastation en cours du Palatinat, sous le prétexte d’empêcher qu’il ne serve de base à une offensive des impériaux, soulève en Allemagne une indignation générale. La destruction, un peu plus tard, de la vieille cité d’Heidelberg, contribuera à transformer cette colère en haine contre les français et à rallier à la coalition tous les princes allemands. Vauban réprouve absolument de semblables pratiques« .
La détestation des français explique en partie le déclenchement des grandes guerre qui suivront.
Marc Bloch est entré au Panthéon.
Triste sort.
En vérité il est toujours dans la Creuse, à Bourg-d’Hem, là où ses cendres furent transférées en 1977. Dans son cercueil du Panthéon, il y avait des souvenirs, des livres…En accompagnement, le cercueil de sa femme qui ne contenait pas non plus son corps puisqu’elle a été jeté quelque part, dans une fosse commune. On ne sait plus laquelle…
Elle se nommait Simonne (oui, avec deux « n »)Vidal.
l’important était de faire entrer quelque chose de lui dans le Temple du Récit National.
Soyons franc, disait Clovis : cette idée n’aurait pas déplu à Marc Bloch, historien passionnant, résistant exemplaire.
Bloch vouait une admiration sans borne pour la France et l’armée française, malgré ses failles.
Son nationalisme puise ses racines dans ses origines juives. Il appartint à ces juifs qui n’ont cessé d’être reconnaissants à la nation française de les avoir émancipé en 1789…
Minab
Le 28 février 2026, c’est le premier jour de la guerre irano-américaine. Des missiles tombent sur une école à Minab (Iran). Un carnage. C’est un samedi, premier jour là-bas de la semaine scolaire. Il y a 168 morts, principalement des gamines de 7 à 12 ans.
Il y a des morts mais pas de coupables. Israéliens et américains qui viennent de lancer la guerre sont innocents. C’est pas moi, j’l jure… Courageux pour appuyer sur le bouton, lâches pour admettre qu’il y eut faute.
On finira par savoir que l’école a été touchée par des missiles Tomahawk. Si cela s’avérait exact – il faudra encore un peu de temps – les américains se retrouveraient avec une nouvelle affaire My-lay (massacre d’innocents au Vietnam le 16 mars 1968) sur les bras.
Il faudra un jour publier les résultats obtenus par les Yankees partout où ils ont fourré leur groin.
On va nous sortir l’épreuve du 6 juin 1944.
C’est vrai, mais les américains y avait intérêt.
Et puis, rien n’excuse un massacre d’enfants.
« Pourquoi avons-nous peur? » de Sébastien Bohler (édition Plon)
Sébastien Bohler est neuroscientifique, docteur en neurobiologie, rédacteur en chef de « Cerveau et psycho ».
Aujourd’hui, l’ampleur des menaces n’a d’égale que notre vulnérabilité . Il en résulte des comportements palliatifs pires que le mal lui-même : addictions, communautarismes, consumérisme de masse, obsession de l’argent et autoritarisme galopant aux 4 coins de la planète. P248
Les autoritarismes et nationalismes, au lieu de résoudre le problème, enfante en continu des urgences militaires, économiques ou politiques qui relèguent au second plan notre désir de nous protéger contre le danger ultime qui menace notre espèce, à savoir le réchauffement de notre planète et l’effondrement de la biodiversité. Page 249
Un livre de Denis Rolland (Editions Imago)
« La grève des tranchées » – « les mutineries de 1917 ». p250 et suivantes. Les fusilleurs rendus malades…
Le Roi, le Président du conseil, le chef d’état, le Président de la République sont les incarnations de Dieu ou de la nation – sa réplique – sur terre. Leur désobéir c’est désobéir à Dieu ou à la Nation ... Les armées sont les armées du Dieu-Nation!..Tout commandement est sacré! Vouloir s’y soustraire est l’œuvre du diable et mérite le bûcher..
Pour le seul mois de juin , 44 soldats sont portés déserteurs des unités de la 77e division contre 51 pour la période de janvier à mai .(p251)
On imagine bien que cette mutinerie va entraîner une répression d’autant plus sévère qu‘il ne s’agissait pas de « monômes« » ou de « grèves les bras croisés« mais de refus de combattre caractérisés et répétés. Au total près de 400 soldats sont arrêtés et plus de 200 sont déférés devant le Conseil de guerre . (p251)
Au 159e RI , 12 soldats sont traduits en Conseil de guerre pour désertion en présence de l’ennemi avec complot : 5 pour l’affaire de Blérancourt et 7 pour les événements d’Ostel . Un est condamné à mort (Degouet), les autres sont condamnés à des peines de travaux publics (un à 10 ans , 6 avec sursis). (p252)
Au 60e BCP , 18 chasseurs sont condamnés pour désertion où refus d’obéissance en présence de l’ennemi. Les peines sont lourdes : 15 condamnations à mort et 3 peines de 10 à 20 ans de travaux publics. Mais 9 jugements sont cassés, ce qui ramène le nombre des peines de mort à 6 , dont 4 grâces accordées et 2 exécutions (Vally et Flourac) (p252)
Au total, donc, 11 hommes sont condamnés à mort et 4 sont passés par les armes. (P252)
Le général Pétain avait-il des raisons précises pour désigner 4 victimes sur 11 condamnés à mort ? les archives militaires ne permettent pas de répondre à cette question.L’équité aurait voulu que tous les condamnés à mort soient graciés mais, pressé par les événements et poussé par ses généraux, le commandant en chef a choisi de faire des exemples qui, selon lui, devaient éviter la propagation du mal. (p254)
L’exécution avec la parade qui l’accompagne, se déroule dans un champ, à proximité du dépôt divisionnaire, installé dans le moulin de Fay à Chacrise. Des bataillons de la 77e division sont réunis là pour la parade : 17e, 57e, 60e,61e BCP, 97e et 159e RI . 4 pelotons de 12 hommes vont exécuter la sentence . (p255)
Alors ce fut la dégradation . Une sonnerie de clairon et le commandant du dépôt divisionnaire dit : « soldat Untel vous êtes indigne de porter les armes, nous vous dégradons » (p 255)
4 types s’approchent des condamnés et leur bandent les yeux, puis ils les conduisent à leurs poteaux, les y attachent pendant que les aumôniers leur adressent un dernier mot et les embrassent sur les 2 joues, les aumôniers se retirent et, sur un geste, tous les coups de feu partent. (p255)
Le poilu que la 12e a fusillé n’a pas arrêté de hurler pendant toute la demi-heure qu’a duré la cérémonie : » Oh ma pauvre mère, ma pauvre amie, mes pauvres enfants », je t’assure que ces cris jetaient plutôt un froid « (p255)
Soldat Parent ,17e BCP : » D’un seul coup les voilà passés de la vie à la mort, puis le coup de grâce. Seulement, sitôt fini, 6 hommes de plusieurs bataillons sont tombés sans connaissance sous le coup de l’émotion. Il y en avait un qui est tombé à côté de moi. il avait le blanc des yeux tout rouge, je ne sais pas s’il en reviendra. Moi, je n’en ai pas mangé de la journée ». (p256)
Le chasseur Arnould Paul du 60è BCP., après l’exécution, ce qu’il a ressenti: « . Ce n’était pas leur mort qui me faisait le plus puisque j’en vois tous les jours aux tranchées, mais c’était la chose d’avoir tiré dessus, tiré sur les pauvres copains que je connaissais depuis 2 ans que je suis au bataillon . Il y en a même qui sont tombés fous aussitôt qu’ils ont tiré. Crois-tu que c’est pas triste de voir des choses pareilles, c’est honteux. » (p256)
Soldat Émile Muyard , qui a aussi participé à un des pelotons d’exécution: » j’ai une femme et des petits enfants que j’aime et c’est pour eux que j’ai fait cette triste affaire car l’on me ferait à moi-même ce que l’on ferait à d’autres, mais c’est cette maudite guerre qui est la cause de tout… » (p257)
Ce même sentiment de culpabilité est la cause du malaise d’un des soldats du peloton d’exécution évoqué par le soldat Semon, 97e RI , 12e compagnie : » il y en a un qui faisait partie du peloton qui est tombé en tirant son coup de fusil et qui est resté malade. Il ne voulait pas qu’on lui parle. Il disait : « Laissez-moi, je suis un assassin ». (p257)
Une enquête ayant été diligentée, le chef de bataillon Guillaume de la Garde de la gendarmerie d’Ouchy se présentait chez lui (Kaquelin) le 4 juillet. Kaquelin n’était pas remis de ses émotions et le militaire fut accueilli par ces mots : » s’il y avait des balles ici, elles seraient pour vous« … Le juge a retenu des circonstances atténuantes, prenant sans doute en considération le choc émotionnel produit sur la population par l’exécution de 4 soldats français. (p257)
Le colonel s’est avancé sabre au clair vers le condamné et a crié : » au nom du peuple français nous vous déclarons indigne de porter les armes et nous vous condamnons à la dégradation militaire et à 20 ans de travaux forcés ». Un adjudant–chef désigné à cet effet s’est avancé pour arracher tous les boutons du condamné. Son travail a été long et pénible car ceux-ci étaient cousu avec du fil de fer . (p259)
Le sergent Guillaume a assisté à l’exécution du caporal Truton: » Deux secondes après un « au revoir » qui nous glace d’effroi, il meurt courageusement sous la fusillade du peloton d’exécution. Il tombe à genoux et ensuite sur le côté, tout près de sa fosse qu’il n’aura sans doute pas dû apercevoir. Nos trois compagnies défilent devant le corps et nous rentrons à Oeuilly tout attristé de ce spectacle des plus douloureux. (p268)
Dans notre prochaine mise à jour (décembre 2026), nous commenterons le livre du Général André Bach, « Fusillés pour l’exemple » qui explore la période 1914-1915.
André Bach est l’ancien chef du service historique de l’armée de terre,
Famille Gorgé (drones navals, nucléaire), Famille Dassault (avions de guerre, entre autres le « Rafale ») Famille Bonelli ( fabrication de maillons pour munitions militaires à Marseille). Le capitalisme familial marche du tonnerre!
Tout ce qui est humain peut-être déconstruit à la vitesse du son.
Il suffit de dire « Non »!
Nous avons un problème avec le suffrage universel.
Non pour ce qu’il est, un élément essentiel de la démocratie, mais pour la préparation à son application.
La plupart des dictateurs ont été élu grâce au suffrage universel.
Bilan des enfants morts au Soudan depuis le début de l’année.
UNICEF / SOUDAN
« Les enfants sont pris au piège dans un cycle sans fin de violence, de déplacements et de privations », a déclaré Sheldon Yett, représentant de l’UNICEF au Soudan. « Pour beaucoup d’entre eux, il n’y a plus aucun endroit sûr. Ils sont tués et blessés chez eux, sur les routes, sur les marchés, et alors qu’ils tentent d’accéder à des services essentiels tels que l’éducation et les soins de santé. Les enfants ne doivent jamais être pris pour cible. Leurs vies, leurs droits et leur avenir doivent être protégés. »
Petite notice de l’Unicef pour éclairer ce sujet:
Impossible d’y échapper
le 14 juillet, c’est le défilé des forces militaires sur les Champs Élysées. Il s’agit d’épater le bon peuple, en même temps que les états qui seraient tentés de nous envahir. Cette année, par exemple, on a décidé de faire trembler les russes avec nos blindés derniers cris et des légionnaires barbus.
Le tout accompagné de musiques militaires plutôt moches.
On nous a volé le 14 juillet.
Le « vrai » 14 juillet , celui que nous sommes censés commémorer tous les ans rappelle les débuts de la Révolution de 89.
C‘est la prise de la Bastille, le commencement de la chute du régime monarchiste. Un grand saut dans l’espace et le temps qui, bientôt transformera les sujets en citoyens.
Pas un mot, jamais, n’est dit sur ce 14 juillet révolutionnaire.
L’important est de montrer les muscles.
Qu’importe « La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen »! Qu’importe la République!
il faut, sans faiblir, hisser l’armée sur ses ergots. On ne sait jamais, cela peut servir. Non seulement pour chasser l’ennemi oriental mais encore pour régler son compte à l’ennemi de l’intérieur. Comme tenta de faire le général Weygand en juin 40 quand il déclara que les communistes venaient de s’emparer du Palais de l’Elysée.
L’armée française a t-elle toujours fait preuve d’une volonté sans tâche?
Rappel de quelques faits:
L’Armée napoléonienne en Russie. C’est pas brillant. Retraite après le non-évènement de Moscou. Plusieurs milliers de morts. Pour rien. Il y a aussi Waterloo.
Guerre de 1870/71: Défaite de l’armée de napoléon III face à l’Allemagne, méthodiquement organisée par le Maréchal Bazaine, condamné à mort puis gracié.
Affaire Dreyfus, fin 19° début 20° siècle: l’armée trahit tous les principes dont elle se pare sans vergogne pour envoyer le capitaine Dreyfus au « diable vauvert ». Retour de Dreyfus. L’armée française est salie pour longtemps.
Guerre de 14: on envoie des milliers de pauvres types à la déchetterie. On parle d’« attaques sans espoir » (Nivelle et consort à la manœuvre). Il en surgit Pétain. Voir, plus haut, nos extraits et commentaires sur « La grève des tranchées– les mutineries de 1917« .
Débâcle de 40, plus ou moins prévue et organisée par les chefs militaires… Et Pétain!
Dien Bien Phu 1954: l’Armée coloniale française est écrasée par des paysans vietnamiens.
Guerre d’Algérie: Sortie piteuse après avoir tenté de se maintenir en employant la torture.
On peut ajouter l’attitude indigne de l’armée française qui, le 1er décembre 1944, fusilla des tirailleurs sénégalais dans le camp de Thiaroye parce qu’ils réclamaient leur dû.
Indignité du coup de feu.
Indignité d’une attitude visant à entraver la recherche de la vérité (motif de la tuerie? combien sont morts? où sont les dépouilles?…)
On est loin des grands principes de la Révolution.
L’armée du peuple s’est longtemps embourbée.
Deux ans plus tôt la censure gaullienne avait frappé un film qui montrait des français peu enclins à l’héroïsme face à l’occupant. « les honneurs de la guerre », de Jean Dewever – à l’inverse de la Bataille du rail, grand succès réalisé par René Clément, qui avait dès 1946 exalté la résistance des cheminots . (p151)
« Le moment n’est-il pas venu de jeter le voile, d’oublier ces temps où les Français ne s’aimaient pas, s’entre-déchiraient et même s’entretuaient ?« Demandait Georges Pompidou en 1972 pour justifier la grâce présidentielle qu’il avait accordé au milicien Paul Touvier (finalement condamné pour crime contre l’humanité en 1994) . (p152)
Le ministère des anciens combattants a homologué les services de 320 000 personnes « combattantes« de la résistance à divers titres (dont 52000 membres des forces françaises libres, qui ont agi hors de France), soit 0,8% des 40 millions d’habitants que comptait la population française en 1940… Le nombre total de victimes tuées en relation avec des activités de résistance est très difficile à évaluer : il pourrait se monter aux environs de 40 000 morts, dont un peu plus de 14 000 membres des Forces Françaises de l’Intérieur tombées dans les combats avec l’occupant en 1944 et plus de 3 000 personnes fusillées par Vichy où par les Allemands. Les déportés en Allemagne pour faits de résistance ont été environ 60 000 . (p153)
LA CONFÉRENCE DE ZIMMERWALD
Du 5 au 8 septembre 1915 – soit un an après la déclaration de guerre de 1914 – une réunion des socialistes encore debout se tient à Zimmerwald, en Suisse. Avant 1914, les progressistes de toute l’Europe s’étaient jurés de rester unis pour combattre les velléités de guerre des grands états.
Zimmerwald est un drame: la réunion atteste que la guerre tant redoutée est bien là, massacrante à souhait et que les socialistes sont divisés. Certains continuent de militer en espérant détruire un jour le capitalisme, « Prolétaires de tous les pays unissez vous! »... Ils sont à Zimmerwald et deviendront bientôt communistes. Il y a dans la réunion Lénine, Trotsky , Zinoviev… Dans les socialistes d’avant guerre, on voit encore ceux qui, trahissant leur parole, vont jouer la carte de l’Union Sacrée (avec toutes les droites) et finalement accepter et encourager la guerre. Ils ne sont pas bien sûr à Zimmerwald. Il y a dans leur rang la SFIO, futur Parti Socialiste français…
Petits extraits du livre de Julien Théry faisant état -entre autres- du lâchage dont furent victimes les pacifistes juste avant 14: « La CGT . En 1912, cette dernière avait (…) consacré un congrès spécial à l’action préventive contre la menace de guerre. L’année suivante, elle avait publié un manifeste antimilitariste et rejoint la plupart des syndicats européens dans une Fédération internationale visant à lutter contre les tensions nationalistes. (p134)
… La CGT, elle fit savoir au gouvernement, le lendemain de l’assassinat (de Jaurès) qu‘elle le soutenait dans la préparation de la guerre. Le 4 août, elle rallia l’Union Sacrée. Lors de son conseil national, à la fin de l’année, seule une frange minoritaire du syndicat s’opposa à la guerre en cours . (p135)
Extrait du compte rendu final de Zimmerwald
« La guerre a détruit subitement les relations internationales du prolétariat. Ce ne fut pas seulement une interruption superficielle des relations anciennes. Les partis socialistes et les organisations ouvrières des divers pays abandonnèrent non seulement le terrain de la lutte de classe mais aussi celui de la solidarité internationale. Aujourd’hui encore, les tendances nationalistes prévalent. Les antagonismes nationaux qui déterminaient, avant la guerre, la politique des gouvernements bourgeois et qui, toujours, étaient combattus par le prolétariat, se sont emparés de la classe ouvrière dès le commencement de la guerre. Cet antagonisme nouveau s’accentua encore par l’attitude de la presse ouvrière qui, dans divers pays, se mit au service des gouvernants. En défendant leur politique de guerre, souvent même leurs buts de guerre et leurs intentions de conquête, elle prêchait, comme un nouvel évangile social, la solidarité nationale des ouvriers et de leurs oppresseurs en remplacement de la solidarité internationale du prolétariat« .
Dans le contre rendu final de la conférence il y a aussi un Manifeste d’une étonnante actualité. Trotski en est l’auteur. Extrait:
Prolétaires d’Europe !
« Voici plus d’un an que dure la guerre ! Des millions de cadavres couvrent les champs de bataille. Des millions d’hommes seront, pour le reste de leurs jours, mutilés. L’Europe est devenue un gigantesque abattoir d’hommes. Toute la civilisation créée par le travail de plusieurs générations est vouée à l’anéantissement. La barbarie la plus sauvage triomphe aujourd’hui de tout ce qui, jusqu’à présent, faisait l’orgueil de l’humanité.
Quels que soient les responsables immédiats du déchaînement de cette guerre, une chose est certaine : la guerre qui a provoqué tout ce chaos est le produit de l’impérialisme. Elle est issue de la volonté des classes capitalistes de chaque nation de vivre de l’exploitation du travail humain et des richesses naturelles de l’univers. De telle sorte que les nations économiquement arriérées ou politiquement faibles tombent sous le joug des grandes puissances, lesquelles essaient, dans cette guerre, de remanier la carte du monde par le fer et par le sang, selon leurs intérêts. »
Rachida Brachni, comédienne, autrice, a refusé la Légion d’Honneur.
Bravo.
« J’apprends avec surprise que l’on me décerne la Légion d’honneur. Indépendamment du fait qu’elle est attribuée à tour de bras pour le meilleur et souvent pour le pire, la question de l’honneur se pose… Le mien se situe ailleurs »…
« L’honneur est un devoir moral précieux que je m’évertue modestement à appliquer chaque jour dans mon travail, mon écriture et dans les choix qui me guident sans quoi je me perdrais et sans quoi je perdrais l’estime de ceux qui comptent à mes yeux plus que la plus haute distinction ».
La guerre est une affaire de grands.
Seuls les grands spécialistes – entre autres ceux qui fréquentent le mess de St Cyr – ont le pouvoir, le droit et le devoir d’en parler.
Le citoyen, lui, doit rester couché.
Il faudra un jour s’atteler à l’inventaire de la planète. Quelles politiques? Quel bilans?
Lors d’une rencontre Russo-Kazakh à Omsk (Sibérie) le 25 juillet dernier, le Président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, s’est adressé à Poutine, le laissant bouche bée:« Ce n’est que mon avis, mais il est peut-être temps de geler le conflit (avec l’Ukraine) »… « C’est regrettable, des jeunes meurent. Tout cela doit être arrêté « . Dès 2022, ce président s’était déjà manifesté en refusant d’aider la Russie dans cet embrassement sauvage.
Les origines de la guerre «ne sont pas tout à fait compréhensibles pour beaucoup, y compris pour nous ».
Kassym-Jomart Tokaïev fait évidemment semblant de ne pas savoir ce qui se passe. Il a face à lui un vieux tyran obsédé par le besoin d’agrandir son territoire et de faire main basse sur des ressources énergétiques dont son pays a de plus en plus besoin. Et à bas coût!
« Que me fout à moi des millions de morts! » aurait dit Napoléon.
Il préparait le terrain.
Le sait-on?
Pendant la seconde guerre mondiale, les américains ont voulu aider la France Libre à créer la Deuxième division Blindée – la fameuse 2ème DB!. Mais à une condition: elle ne devra pas compter de noirs dans ses rangs. (Fausse) raison invoquée: les noirs sont incapables de conduire des tanks!
Leclerc et de Gaulle ont accepté.
Il n’y aura pas d‘hommes de couleurs à la libération de Paris et en Allemagne pour les derniers combats.
Les américains sont depuis toujours les champions du monde…
Ps: Ce sont les soviétiques qui ont libéré le camp d’Auschwitz-Birkenau et non les américains, comme l’a affirmé Trump il y a quelque temps en Normandie.
Des villages sans défense subissent des bombardements aériens , leurs habitants sont chassés dans les campagnes, leur bétail est mitraillé, leurs huttes sont détruites par des bombes incendiaires : cela s’appelle la pacification. Des millions de paysans sont expulsés de leur ferme et jetés sur les routes sans autre viatique que ce qu’ils peuvent emporter : cela s’appelle un transfert de population ou une rectification de frontière. Des gens sont emprisonnés sans jugement pendant des années, ou abattus d’une balle dans la nuque, ou envoyés dans les camps de bûcherons de l’Arctique pour y mourir du scorbut : cela s’appelle l’élimination des éléments suspects . Georges Orwell / la politique et la langue anglaise /Edition ivréa-Encyclopédie des nuisances -2005. (Extrait du livre de Clément Victorovitch » Logocratie » page)
Le film sorti récemment sur De Gaulle-seul-contre–tous pendant la seconde guerre mondiale a le mérite de ne pas enfermer le spectateur dans la légende Gaullienne.
L’une des pages de cette légende concerne l’affaire des marins de Sein. On les voit brièvement dans la première partie du film. Ils font signe à De Gaulle qu’ils sont là, à Londres, prêts à servir sa cause. On ne sait pas comment ni pourquoi ils ont débarqué en Angleterre. La légende nous explique qu’ils ont entendu l’appel de De Gaulle le 18 juin et qu’ils ont accouru pour défendre – certains ont même prétendu qu’ils sont venus sauver – la France.
De Gaulle qui se prend parfois pour Jeanne D’arc a entretenu cette légende.
En vérité, les Sénans étaient à Londres parce qu’ils avaient fuit la France. Ils ont fuit parce qu’il fallait fuir, comme les troupes françaises à Dunkerque au début du mois de juin 40.
Quelques heures avant leur départ, le maire de Sein avait reçu un appel de la Préfecture indiquant que l’ennemi approchait et qu’il fallait prendre des dispositions de sauvegarde pour les jeunes de l’Île. Ceux-ci risquaient d’être fait prisonniers et envoyés en Allemagne. Certains pensèrent aussi qu’ils pourraient être enrôlés de force dans la Wehrmacht comme venaient de l’être les jeunes alsaciens. Sur l’île il y avait encore quelques anciens combattants de 14-18. Ils avaient une image exécrable de ces allemands qu’ils avaient combattu en Belgique.
» C’est les anciens qui nous ont fait partir! » nous a dit, il y a quelques années le fils du boulanger de l’île avant la guerre, Joseph Guilcher, parti en juin 40 et revenu le 6 juin 44 avec le commando Kieffer. Il débarqua sur la plage de Sword (précisément à Ouistreham), fut blessé et termina la guerre un peu plus tard en Hollande.
Alors, et De Gaulle? Les Sénans ont bien entendu son appel – mais pas le 18 juin, quelques jours plus tard sur la recommandation du Maître de Phare – Henry Thomas – et lorsqu’il fût question de partir, il pensèrent à ce Général inconnu, non pas comme le vengeur – le sauveur – de la France mais comme l’organisateur d’un point de chute indispensable s’il fallait déguerpir.
Et ils ont déguerpi!
En tout bien tout honneur car ils sont restés les piliers de la France Libre pendant 5 ans. Pas un seul ne s’est esquivé.
On peut détailler le départ des Marins de Sein en se rendant sur la première page de notre site (janvier 2024).
On y trouvera le documentaire « Histoires de Sein par temps de guerre » qui comporte des témoignages de ceux qui furent là en Juin 40.
La normalité c’est la paix, pas la guerre. La guerre est une maladie et le syndrome d’une maladie.
Après le Zimbabwe le 1er janvier 2025, le Liban vient d’abolir la peine de mort – 11 août 2026. Décision hautement méritante car ce pays est chaque jour attaqué, bombardé, violé. il est le seul de tout le Moyen-Orient à faire ce choix. Les autres s’entêtent, victimes ou bourreaux, très souvent victimes et bourreaux. Il y a un lien entre le désir de guerre et le maintien de la peine de mort.
Le ministre de la sécurité nationale israélien a appelé à tuer « chaque nuit à Gaza (…) 30 ou 40 » personnes. « Pas seulement ceux qui vous mettent actuellement en danger. Ce sont des gens qui ne devraient pas être en vie ». Le Monde 19 août 2026
Washington poursuit son offensive contre la CPI en sanctionnant sa présidente. Mediapart 19 août 2026 Tomoko Akane, présidente de la CPI sanctionnée par les Etats-Unis, met en garde contre la « disparition de l’Etat de droit international » Le Monde 21 août 2026
Des soldats français prennent la pose autour d’un drapeau associé au suprémacisme blanc. Médiapart 23 Août 2026
Naufrage en Méditerranée : 11 migrants sont morts au large de la Tunisie. Un bateau transportant 15 migrants tunisiens a fait naufrage dans la nuit de vendredi à samedi. Une seule personne a été secourue et trois autres sont toujours portées disparues Le Monde 23 Août 2026
Deux casques bleus tués dans une embuscade au Soudan du Sud, selon l’ONU Le Monde 23 août 2026
Ulrich Siegmund, la figure montante de l’extrême droite allemande qui galvanise les foules et fait trembler Berlin Le Monde 26 Août 2026
Serbie: polémique après l’annonce d’obsèques nationales pour le criminel de guerre Ratko Mladic RFI 28 août 2026
Le conseil de surveillance de Volkswagen approuve un plan de restructuration prévoyant la suppression de 50 000 postes Le Monde 03 septembre 2026
« Je veux bien travailler avec le diable si c’est pour gagner un peu d’argent » : dans les coulisses d’une affaire de biens mal acquis yéménites en France. Le Monde 7 septembre 2026
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Prochaine mise à jour le 15 décembre 2026
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