DECEMBRE 2025
L’Onu a été fondée le 24 octobre 1945
Elle poursuit avec des moyens bien supérieurs l’œuvre entreprise par la Société des Nations.
Il s’agit pour elle de veiller à la naissance des conflits et de tenter d’y mettre un terme par l’usage, entre autres, d’une force d’interposition, les Casques Bleus.
La première question épineuse qu’elle dût traiter fût – déjà! – celle de la Palestine. Sa résolution 181 émit le principe d’un plan de partage comprenant un état juif, un état arabe et Jérusalem qui devait être dotée d’un statut international.
Ces sages décisions n’empêchèrent pas une première guerre civile.
En 1949, l’ONU exerça en Palestine une opération de maintien de la paix. Avec plus ou moins de bonheur, elle exécutera d’autres opérations de ce type à travers le monde.
l’Onu réunit la plupart des pays pour les contraindre à s’entendre, à leur donner le goût de la paix.
C’est une initiative, un projet comme il n’y en eut jamais dans le passé.
La Société des Nations n’avait pas assez de poids pour durer longtemps.
On doit à l’Onu l’Unesco, l’Unicef, la Cour Pénale Internationale (voir plus bas quelques lignes sur cette instance), Le FAO, l’OIT, l’OMS et d’autres organisations qui soulagent les peuples, remplaçant bien des états faillis. Remplaçant encore nos états modernes soumis à leur chaos économico-commercialiste qui les rend impuissants, lorsqu’il s’agit de résoudre les problèmes majeurs de la planète.
L‘ONU, c’est la gouvernance par le haut.
l’ONU, c’est la modernité, la vraie. C’est le progrès.
Vive l’Onu.
Éminents propos du Professeur Raphael Pitti, fondateur et responsable de l’ONG Husome
« Nous travaillons sur des théâtres de guerre tels que la Syrie, l’Ukraine ou Gaza, et formons le personnel médical à la médecine d’urgence. En tant qu’ONG médicale engagée, HuSoMe développe également des programmes pour améliorer l’accès des populations civiles aux soins de santé primaire ».
ICAN est une association internationale crée à Vienne en 2007 pour lutter contre la prolifération des armes nucléaires. Elle est composée d’une foule d’associations, d’ONG, etc. qui ont travaillé à l’élaboration du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (2017)
Le prix Nobel de la paix lui fut décerné la même année.
Le programme d’ICAN (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons) est d’une grande simplicité, il faut:
1 Reconnaître que toute utilisation d’armes nucléaires aurait des conséquences humanitaires et environnementales catastrophiques ; 2 Reconnaître qu’il existe un impératif humanitaire d’interdire les armes nucléaires, même pour les états qui ne possèdent pas ces armes ; 3 Reconnaître que les États dotés d’armes nucléaires ont une obligation de les éliminer complètement ; 4 Agir immédiatement pour soutenir le processus d’universalisation et de mise en œuvre du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. (le TIAN)
Il existe un Ican France dont on peut suivre l’activité en se rendant sur le site (cliquer sur le logo ci-contre)
Le 18 novembre (2025) le chef d’état major des armées, Fabien Mandon, déclare ceci aux maires de France réunis en congrès:
« Nous avons tout pour dissuader Moscou. Ce qu’il nous manque, c’est la force d’âme pour accepter de nous faire mal pour défendre la Nation. (…) Il faut accepter de perdre nos enfants, de souffrir économiquement. Si nous ne sommes pas prêts à cela, alors nous sommes en risque ».
Il faut accepter de perdre nos enfants?
QUI, Mandon, peut accepter cela, QUI???
Retour des vieilles lunes. Des idées patriotardes qui nous ont tant fait mal.
Si Mandon est sûr que les russes attaqueront dans trois ou quatre ans – c’est son idée fixe qu’il assène à tour de bras, alors il faut: 1/ Cesser de couvrir d’or le nucléaire militaire qui visiblement ne sert à rien. Donner les sous ainsi récupérés aux services de la santé et de l’éducation qui vont pâtir des sommes colossales données maintenant aux achats d’armes et de munitions 2/ Remonter le niveau des armées professionnelles en donnant un grand coup dans la fourmilière des gendarmes dont plusieurs bataillons se sont méchamment illustrés à Sainte Soline en 2023 (voir plus bas nos remarques sur la chose). Pas de leçon de morale quand on a le nez sale, Monsieur le Chef d’état major!
Allez, Mandon, fais pas ton Déroulède, vas te cacher, travaille et surtout Tais toi !!!
PS1: Nous sommes les patriotes de la paix
PS2: Voir plus bas encore, les idioties proférées par Clémenceau avant, pendant et après la guerre de 14.
La guerre de 14, parlons en: 1 Million 400 000 morts côté français. Voici ce que nous souhaite le Chef d’état major en se tapant les cuisses.
Hi-Han, Hi-Han répond le Président de la République.
Attention: les militaires reviennent en cour! Beaucoup disent: je me suis engagé pour servir mon pays…C’est ça. Servir son pays en tuant des inconnus blancs comme neige…
D’autres morts qui ont servi leur pays mais qu’on méprise parce qu’ils appartiennent pour la plupart au clan des laborieux: les accidentés du travail. L’Assurance Maladie en a recensé 764 en 2024.Chiffre incomplet puisqu’il n’inclut pas les décès dans la fonction publique, les agriculteurs, les chefs d’entreprises et les micro-entrepreneurs.
Personne n’en parle…
Encore des morts, surtout des mortes: 91 femmes assassinées par un conjoint ou un ex-conjoint à fin novembre 2025.
Il reste heureusement sur cette Terre des individus choqués par les politiques violentes des états, qui tiennent à les dénoncer et qui militent pour réduire leurs effets dévastateurs.
C’est une minorité.
Ils sont le sel de la terre, l’avenir du Monde.
Ils agissent au sein d‘associations comme « Stop Arming Israel France » qui dénoncent les ventes d’armes continuelles à des pays qui ne savent résoudre les conflits que par la destruction de civils (70 000 morts minimum recensés en novembre 2025 à Gaza, dont 20 000 enfants) et d‘infrastructures indispensables aux innocents.
Des entreprises françaises sont complices. Stop Arming Israel France les dénonce et informe les travailleurs de l’armement de leur niveau de responsabilité. Ils disent: En un an de campagne, l’une des principales activités de notre collectif a été de créer du lien avec les travailleurs de l’armement, en premier lieu en nous rendant aux portes des entreprises complices pour distribuer des tracts aux salariés...
Stop Arming Israel France publie aujourd’hui, aux côtés de @progintl_en , du @palestinianyouthmovement , du conseil francilien du Mouvement de la Paix, de @francepalestine_afps , de @ujfp.officiel de Droit-solidarité, de @attac_fr , de @campagnebdsfrance et de @wereontheditch un rapport détaillé basé sur les données d’importation des douanes israéliennes, qui démontre que contrairement aux affirmations d’Emmanuel Macron, du ministre des Armées Sébastien Lecornu et du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, la France a livré des composants militaires à Israël de façon continue et massive pendant toute la durée du génocide à Gaza.
Le Statut de Rome
C’est un traité qui permet la création de la Cour Pénale Internationale. Il a été signé par 139 états et ratifié par 60 d’entre eux en 1998. La cour juge les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité Elle juge aussi les crimes d’agression commis par des chefs d’état ayant déclenché la guerre contre un pays souverain. C‘est bien sûr le cas de la guerre Russo-Ukrainienne. Son champ d’action s’étend à tous les États ayant ratifié le Statut de Rome.
Israël, la République populaire de Chine et les USA ont fait savoir qu’ils votaient contre la formation de la CPI. Quatre autres états, dont le vote est resté secret ont fait de même. Pour Israël, il va être difficile de juger son Premier Ministre. Quand aux USA, ils ont toujours fait de même, n’acceptant pas qu’un seul américain – même s’il est avéré que c’est un criminel de guerre,– soit jugé par une juridiction internationale. les chinois ont sans doute le même sentiment…
Dans son préambule en date du 17 juillet 1998, le Statut de Rome stipule: Ayant à l’esprit qu’au cours de ce siècle, des millions d’enfants, de femmes et d’hommes ont été victimes d’atrocités qui défient l’imagination et heurtent profondément la conscience humaine…Affirmant que les crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale ne sauraient rester impunis … Rappelant qu’il est du devoir de chaque État de soumettre à sa juridiction criminelle les responsables de crimes internationaux … (les états-parties) déterminés, à ces fins et dans l’intérêt des générations présentes et futures, (décident de) créer une cour pénale internationale permanente et indépendante reliée au système des Nations Unies, ayant compétence à l’égard des crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale…
Cette juridiction déplaît fortement à tous les nationalistes qui voit en elle une entrave à leurs politiques dictatoriales. Mais le temps du Droit International finit toujours par gagner.
Patience. Patience.
« Voilà comment une poupée, comment un ours en peluche arrivaient à Auschwitz. Dans les bras d’une petite fille qui laisserait son jouet avec ses vêtements bien pliés, à l’entrée de la douche. Un prisonnier du commando du ciel, comme on nommait ceux qui travaillaient aux crématoires, l’avait trouvé parmi les vêtements entassés dans l’antichambre de la douche et échangé contre des oignons. » (Charlotte Delbo ; Une connaissance utile ; Edition de Minuit Double p78)
Pierre Kropotkine (1842-1921)
l’Entraide est indispensable au progrès humain. Bien plus que « l’écharpement » général qui nous freine ou nous fait régresser.
Kropotkine est géographe et anthropologue. Il juge l’entraide indispensable au progrès humain.
Pour K. l’entraide est naturelle, elle est bien sûr combattue par les quelques dominants qui règnent sur le monde.
Il veut mettre à bas la société issue de la révolution industrielle.
Le Communisme de Kropotkine – qui n’a rien à voir avec le Bolchevisme – est la mise en commun des moyens d’existence.
Kropotkine n’est pas le Père Noël mais peu s’en faut…
Son ouvrage « La conquête du pain » (Éditions Dialectcis) commence par une déclaration fracassante de son collègue et ami Elisée Reclus:
« … C’est une moquerie amère de donner le nom de « société » à cet ensemble d’êtres humains qui se haïssent et qui s’entre-détruisent, comme des animaux féroces enfermés dans une arène ».
Puis, K dit: … Tout ce qui est nécessaire à la production, le sol , les mines, les machines, les voies de communication, la nourriture, l’éducation, le savoir – tout a été accaparé par quelques uns dans le cours de cette longue histoire de pillages, d’exodes, de guerres, d’ignorance et d’oppression, que l’humanité a vécue avant d’avoir appris à dompter les forces de la nature. (P4)
La valeur de chaque maison, de chaque usine, de chaque fabrique, de chaque magasin, n’est faite que du labeur accumulé des millions de travailleurs ensevelis sous terre; elle ne se maintient que par l’effort des légions d’hommes qui habitent ce point du globe. (p6) De quel droit quiconque pourrait-il s’approprier la moindre parcelle de cet immense tout, et dire: ceci est à moi, non à vous ? (p7)
… Les guerres, la guerre en permanence – doivent éclater pour le droit de primer sur les marchés. Guerres pour les possessions en Orient; guerres pour l’empire des mers; guerres pour imposer des taxes d’entrée et dicter des conditions à ses voisins; guerres contre ceux qui se révoltent… Des générations entières sont massacrées, les états européens dépensent en armements le tiers de leurs budgets, – et l’on sait ce que sont les impôts et ce qu’ils coûtent au pauvre. (p9)
Une organisation économique tant soit peu raisonnable permettrait aux nations civilisées d’entasser en peu d’années tant de produits utiles qu’elles seraient forcées de s’écrier: « Assez de charbon! Assez de pain!assez de vêtements! reposons nous, recueillons nous pour mieux utiliser nos forces, pour mieux employer nos loisirs! … Il faut que ce riche outillage de production, péniblement obtenu, bâti, façonné, devienne propriété commune, afin que l’esprit collectif en tire le plus grand avantage pour tous. Il faut l’expropriation. L’aisance pour tous comme but. L’expropriation comme moyen. (p14)
la société se doit de partager entre tous sans exception les moyens d’existence dont elle dispose. Le reconnaître, le proclamer, et agir en conséquence (p17)
… Produire, non plus pour donner des bénéfices à qui que ce soit, mais pour faire vivre et se développer la société. (p17)
… Sans une certaine dose de communisme les sociétés actuelles ne sauraient vivre (p21).
Les industriels de toutes les nations sont en lutte perpétuelle pour les marchés, et (…) chaque jour la guerre peut éclater à la suite d’une querelle survenue pour l’exploitation de telle partie de l’Asie ou de l’Afrique (p35)
Le plus grand service que la prochaine révolution pourra rendre à l’humanité sera de créer une situation dans laquelle tout système de salariat deviendra impossible, inapplicable, et où s’imposera comme seule solution acceptable, le Communisme, négation du salariat. (p44)
L’état florissant d’une industrie s’achète constamment par la ruine de dix autres (p72)
Le travail domestique, dont la société se décharge aujourd’hui sur le souffre-douleur de l’Humanité – la femme…( p91)
… La moitié de l’Humanité, subissant l’esclavage du foyer de cuisine, aurait encore à se révolter contre l’autre moitié. (p95)
La grande masse demandera au sol sa nourriture lorsque les magasins seront épuisés. Il faudra cultivé la terre: combiner dans Paris même et dans ses alentours la production agricole avec la production industrielle, abandonner les mille petits métiers de luxe pour aviser au plus pressé – le pain. (p151)
Une révolution est plus que la démolition d’un régime. C’est le réveil de l’intelligence, l’esprit inventif, décuplé, centuplé; c’est l’aurore d’une science nouvelle – la science des Laplace, des Lamarck, des Lavoisier! – c’est une révolution dans les esprits, plus encore que dans les institutions. (p152)
Insoutenable légereté des chefs de guerre
Les belles histoires de l’Oncle Sam et du Prince Igor
« Kennedy avait approuvé l’octroi d’un statut opérationnel à quinze missiles Jupiter de moyenne portée installés en Turquie, juste en face de l’Urss – le président Eisenhower en avait d’ailleurs pris la décision dès 1959. Khrouchtchev, qui avait une résidence d’été en Géorgie, se montra scandalisé (plus tard, il demanderait souvent à ses hôtes, surtout s’ils étaient américains, d’observer les rampes de lancement à la jumelle, de l’autre côté de la Mer Noire. « Des missiles américains en Turquie pointés sur ma datcha! », s’exclamait-il)…
(Kennedy en grande discussion avec Eisenhower:) « Je m’attends à ce que Khrouchtchev déclare que toute attaque contre l’île (Cuba) sera considérée comme dirigée contre l’Union Soviétique. Il faut partir du principe que si la surveillance des U2 continue, ces sites de missiles SAM pourront en abattre un » . Il ajouta que ses conseillers et lui réfléchissaient à ce qu’il conviendrait de faire en pareil cas. « je n’en sais rien. Il se pourrait que nous nous retrouvions en pleine invasion au bout de quelques jours, mais il le faudra »… Eisenhower approuva sa fermeté et les deux hommes discutèrent de la possibilité d’une guerre nucléaire généralisée.
Extraits pages 398 et 410 du livre de Seymour Hersh La face cachée du clan Kennedy (Edition de l’Archipel)
« … Une lettre fut remise par Robert Kennedy à l’ambassadeur soviétique accompagné d’un message verbal : l’escalade était proche. les États Unis pouvaient choisir la voie de la paix et du désarmement ou, pour reprendre les termes du ministre de la justice, entreprendre des actions de représailles écrasantes (…) à moins qu’il (le Président) ne soit informé d’un retrait des missiles. Le lendemain (…) le Kremlin annonça que les conditions de Kennedy étaient acceptées.
(en vérité) La crise avait été dénouée quand Robert Kennedy, représentant son frère, avait rencontré in extremis (l’ambassadeur) Dobrynine et accepté de conclure un accord secret entérinant la proposition de Khrouchtchev: retrait des Jupiter de Turquie contre retrait des missiles soviétiques de Cuba.
Mc George Bundy (Conseiller à la sécurité nationale des Etats Unis) et Ted Sorensen (Conseiller juridique du chef de l’état), toujours portés à la fermeté devant le Président, déclarèrent à Kennedy que retirer les Jupiter de Turquie saperait la crédibilité américaine au sein de l’OTAN. (idem p218)
(pour Robert Kennedy) il y a beaucoup de gens déraisonnables chez les généraux et pas seulement les généraux qui brûlent de se battre. (idem p.419 et 420)
(note des soviétiques sur Robert Kennedy): il a ajouté qu’un jour, qui sait, il pourrait se présenter à la présidence, et que son avenir serait compromis si l’accord secret sur les missiles installés en Turquie était connu. (idem p 422)
Pour se sortir d’une crise, les deux frères plaçaient leur crédibilité future entre les mains de leurs adversaires. (idem p 423)
…Les frères Kennedy n’hésitèrent pas à mener le monde au bord d’un conflit nucléaire. Ils ne survécurent qu’en faisant des concessions secrètes à un homme qu’ils avaient cherché, quelques jours auparavant, à humilier devant la planète entière (idem p 424)
Fin de l’USaid en 2025
https://www.amnesty.fr/actualites/etats-unis-demantelement-usaid-aide-humanitaire-quelles-consequences-sur-le-terrain
Fondée en 1961 par Kennedy, l’Usaid (United States Agency for International Development) avait pour but d’aider certaines régions du monde à lutter contre la sous-nutrition et le sous-développement (santé, éducation…).
Son budget en 2024 atteignait 60 milliards de dollars.
L‘actuel Président des Etats Unis a décidé d’y mettre fin car le rôle de l’Usaid n’a pas d’intérêt – croit-il – pour la toute puissance de l’économie américaine. On est chrétien mais on ne partage rien!
D’après une étude publiée par The Lancet, la disparition progressive de l’USAID va provoquer la mort de 14 millions de personnes, privées de soins, jusqu’en 2030: Tuberculose, Vih, enfants mal soignés, pandémies, etc.
La France n’est pas en reste. Il faut certes faire des économies. Mais pour qui, pourquoi et comment? Il est en France de beaux esprits qui trumpisent gaiement, exigeant qu’il faille s’attaquer aux assistés de tous bords. Et plus vite que ça.
Salauds de pauvres!
Quelques extraits de « Maire info » le quotidien d’information des municipalités en date du 21 octobre 2025, citant pour beaucoup une étude du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative et de Associations.gouv.fr:
« Près de 13 millions de bénévoles dont 5,5 millions s’impliquent chaque semaine formant la colonne vertébrale du monde associatif. Côté emploi, le secteur associatif confirme son poids économique et social avec 1,9 million de salariés et une masse salariale de 51 milliards d’euros. »… Les associations se sont d’ailleurs mobilisées le 11 octobre dernier dans toute la France sous la bannière « Ça ne tient plus ! », pour alerter sur la crise sans précédent que traverse le secteur. « Les associations, qui comptent 20 millions de bénévoles, 1,8 million de salariés et touchent 67 millions de Françaises et de Français, sont aujourd’hui menacées dans leur existence même », peut-on lire dans le communiqué du Mouvement associatif ... la réduction drastique de plusieurs budgets prévue dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 inquiète les acteurs. Dans un décryptage, France Générosités (syndicat professionnel des organisations d’intérêt général faisant appel aux générosités) alerte sur la baisse de trois budgets importants pour les associations. La mission Aide publique au développement par exemple passe de « 4,4 milliards d’euros en 2025 à 3,7 milliards d’euros, soit une baisse de plus de 700 millions d’euros (- 16 %) . De même, la « ligne budgétaire consacrée à l’économie sociale et solidaire (ESS) passe de 26,7 millions d’euros à 12,3 millions d’euros, soit une baisse de 54 %. » À cela s’ajoute la baisse générale des subventions de l’État et des collectivités territoriales aux associations… Il est encore question de mettre à mal les Tiers-lieux (1). Selon l’Association nationale des tiers-lieux, les 3 500 tiers-lieux vont subir une baisse drastique de 95 % des crédits qui leur seront alloués en 2026… « C’est une gifle envoyée à la figure des 13 millions d’habitants qui participent aux activités et aux 377 000 personnes qui bénéficient de formations dans les tiers-lieux » , peut-on lire dans un communiqué.
La rapacité des états riches s’attaque aussi à la Coopération. Trump n’a rien inventé.
« Le Monde« du 28 mars 2025 dit tout. Voici ses titre et sous titre en première page: « L’effondrement de l’aide au développement fait vaciller le modèle de coopération internationale » Les coupes drastiques décidées par l’administration Trump visant l’Usaid, mais aussi celles annoncées par les pays européens dans leurs programmes, mettent à mal près de quatre-vingts ans de politique mêlant solidarité et développement. Une aide jamais vraiment désintéressée.
Jamais vraiment désintéressée – on s’en doutait – mais plus que jamais indispensable à tous les pays qui la recevait.
Autant d’éléments propices à la création et au développement des conflits
(1) « Ce sont des lieux du faire ensemble : des leviers d’innovation grâce aux espaces partagés qu’ils offrent, des lieux de rencontres et de partage qui encouragent aux collaborations et aux projets collectifs« . (définition fournie par l’association Nationale des Tiers Lieux)
Trafic, marchandise, compétition, guerre commerciale, guerre…
Aujourd’hui, certains « Puissants » veulent tuer l’Onu comme Hitler et Mussolini ont tué la Société des Nations.
le Maréchal Chatounov vous souhaite une bonne année 2026
» LA GUERRE EST TOUJOURS LA SANCTION D’UN ECHEC » « Dominique de Villepin à l’ONU le 14 février 2003
Lettre envoyée à Pompidou en Juillet 1973
» Une première fois en Algérie, je me suis élevé contre la mise en œuvre de pratiques inhumaines qui ont abouti à un échec sanglant et ont profondément troublé les cadres de l’armée et toute une génération de jeunes hommes qui leur étaient confiés. Aujourd’hui, pour m’être élevé par une action non violente, directe, contre les essais nucléaires en Polynésie, j’ai été séquestré sur la base de Mururoa, puis de Hao, de façon parfaitement arbitraire, après que le Fri (voilier-goelette contenant des protestataires qui furent capturés en avril 1973 par la Marine française pour les empêcher de se rendre sur la zone où devaient avoir lieu les essais nucléaires), qui me comptait dans son équipage, eût été arraisonné en violation du droit international. Ayant appris par la presse, la sanction dont j’ai fait l’objet, sans avoir été reçu par le ministre des armées, et vivement désireux de témoigner clairement devant l’opinion publique de mon pays, de mon profond désaccord, j’ai décidé de vous demander de me faire rayer de l’ordre de la Légion d’honneur où j’ai été élevé à la dignité de grand officier « .
Cette lettre a été envoyée par Jacques Pâris de Bollardière, dont il est peu de dire qu’ à l’époque il était connu comme le loup blanc.
En 40, après St Cyr, il est l’un des rares à répondre à l’appel de De Gaulle. L’un des rares, en effet car l’appel est un échec. De Gaulle le reconnaîtra plus tard. Voir notre film « Histoires de Sein par temps de guerre » (première partie) sur la page de Janvier 2024. L’Amiral Chaline qui, lui, a répondu au dit appel, y témoigne de la déception engendré par cet échec.
Après avoir mené contre les allemands des opérations en Afrique du nord, De Bollardière intègre le BCRA et devient résistant (Mission Citronelle dans le maquis des Manises).
Il est sur la liste des Compagnons de la Libération.
Après guerre, il exerce son métier au Vietnam puis en Algérie où il est nommé Général de brigade. Rien ne va plus en 1957 quand il voit que la torture est exercée à tout va, et de manière presque légale par l’armée française.
De Bollardière refuse cette évolution du Haut Commandement (surtout du Général Massu) et le fait savoir, ce qui lui vaudra 60 Jours de forteresse. Au moment du putsch militaire d’Alger (1961), il démissionne car « Il ne pouvait être question pour moi de devenir le complice d’une aventure totalitaire« .
A partir de ce moment, il ne cessera de militer pour la paix et la non-violence et participera physiquement à des manifestations – comme celles de Mururoa ou du Larzac – qui lui vaudront régulièrement des ennuis avec les autorités.
C’est un type exceptionnel, vu son parcours mais aussi de part sa qualité d’âme.
Ci dessous à gauche un Documentaire (1975) de la RTS si l’on veut en savoir plus.
La torture en Algérie. Mauvaise, très mauvaise pratique qui finit de déshonorer l’armée française. Massu, le général, reconnut à la fin de sa vie qu’elle aurait pu sans passer. Elle visait surtout les algériens mais des français en firent également les frais. Nous pensons aux deux communistes: Maurice Audin (« Audin? douze balles dans la peau », s’étrangla Zemmour en 2018), il fut assassiné par l’armée française qui fit disparaître son corps et Henry Alleg, journaliste, un temps directeur de l’Alger Républicain. Il a écrit un petit livre, La Question (Edition de Minuit), qui relate les dures épreuves subies dans les geôles de l’armée française à Alger.
Laurent Heynemann, en 1977, tourna un film qui porte le même nom.
Voici deux extraits du livre:
« on a fait la guerre en Indochine, ça nous a servi pour vous connaître. Ici, c’est la Gestapo! Tu connais la Gestapo? » Puis, ironique: « tu as fait des articles sur les tortures, hein, salaud! eh bien! maintenant, c’est la 10°DP qui les fait sur toi ». J’entendis derrière moi rire l’équipe des tortionnaires. Erulin me martelait le visage de gifles et le ventre de coups de genou…
« Ce qu’on fait ici, on le fera en France. Ton Duclos et ton Mitterand, on leur fera ce que l’on te fait, et ta putain de République, on la foutra en l’air aussi! » (p36)
Compris?!
… Ce « centre de tri » n’était pas seulement un lieu de tortures pour les algériens, mais une école de perversion pour les jeunes français.(p91)
Ça valait bien la peine d’y passer un temps fou et de jeter des milliards par les fenêtres.
Mars enfin! En attendant le reste du système solaire que nous convoitons. Car tel est notre projet. La-la-la…
Un Publi-reportage de Wanda Lecognac
Wanda a fait le tour de la planète rouge. Elle a dénombré toutes les raisons possibles qui vous inciteront, jeunes gens, à déposer vos pénates sur cette terre bénie des dieux.
Mais avant d’aborder la planète rouge, sachez camarades, que vous allez traverser l’enfer. Les gardiens de Mars – les « Gardes-côtes » de Mars en somme, mènent une guerre sans merci aux bandits qui cherchent à y fixer leurs baskets pour voler des ressources qu’ils monnaieront à prix d’or.
Une fois franchie la barrière de feu, il est temps de poser son sac.
Débarquement en priorité des équipes de shérifs qui luttent invariablement contre les indigènes… quand ceux-ci se rendent coupables d’ingratitude, il s’entend.
Allons faire un tour.
Colons après une chaude journée dans les plantations externes.
Comme des coqs en pâte, on vous dit.
Famille de colons martiens de retour de promenade, un dimanche comme les autres
Trouve t-on encore du travail sur cette planète ?! OUI !!!Cent fois OUI !!!
On peut déjà travailler à la voirie sur des voitures-containers qui ne se vendent plus sur notre Terre
Pas de problème pour manger?
Les divertissements ne manquent pas… On peut s’y amuser comme des fous…
… Au passage, quelques portraits des braves locaux qui vouent un culte à notre civilisation. Merci qui?
Le bourreau est une victime.
La victime est un bourreau.
Non ?!
Si l’état, la nation (représentée ici bas par le chef de ma compagnie) me dit d’aller tuer, d’aller massacrer, je suis couvert, j’irai tuer, massacrer. SANS ÉTAT D’ÂME!
Les drones repoussent les limites temporelles de la guerre. On n’a pas fini d’en voir.
« TU NE TUERAS POINT » FILM DE Mel Gibson (FA sur Youtube)
Gibson sort en 2016 un film assez rare puisqu’il met en scène un objecteur de conscience. C’est l’histoire vraie de Desmond Doss qui s’est trouvé embarqué comme infirmier dans le conflit américano-japonais de la seconde guerre mondiale.
C’est pas mal. Pas délibérément patriotique: sans doute parce que Gibson est Australien. Son personnage est plein d’humanité. Il met en avant ses convictions religieuses mais va au-delà, jusqu’à la folie.
Sur internet, on trouve des exemplaires de ce film qui, une fois encore, n’est pas sans mérite.
A voir encore, cette fois en entier sur YouTube, le PUNISHMENT PARK de Peter Watkins. De jeunes pacifistes sont poursuivis par des policiers hystériques dans un désert californien. L’Amérique de Nixon pas plus futée que celle de Trump. Passionnant!
Histoire de Hugues Thomson
On sait que dans certaines circonstances, les jeunes types qui font la fierté de leurs parents, des grands mères et des quartiers où ils ont grandi se muent en infâmes petites brutes qui mériteraient le supplice de la roue si l’on était des bourreaux de leur pire espèce. Ce qui ne saurait être le cas.
La guerre est l’une de ces circonstances. Sa charge émotionnelle peut conduire des marmots à vomir les meilleurs sentiments, tout étant persuadé de faire leur devoir.
Dans le livre de Richard Hammer, Un matin dans la guerre (voir plus bas) le témoignage d’un certain Simpson: « J’ai tiré sur la dame et sur le bébé – il pouvait avoir deux ans… Je l’ai fait à contrecœur; mais j’avais reçu cet ordre et si je ne l’avais pas exécuté je risquais le conseil de guerre. » (p115)
Crétin! Lâche!
RETOUR A MY LAI (Édition Le Castor Astral) Dominique Legrand
« En sortant de l’Hercule C-130, un avion cargo utilisé pour le transport des troupes et des marchandises, j’ai croisé en sens inverse des camions à remorque remplis de body-bags. Chaque housse en plastique noir contenait le corps d’un soldat, un brave type qui était peut-être arrivé quelques jours plus tôt… On n’était pas dans un film. On mourrait pour de vrai, et jeune de surcroît. (p38) »
« Dans ce chaos dantesque, théâtre de feu, déluge de bombes, j’ignorais même sur quoi je visais (1), une sorte de point virtuel censé représenter le danger qui nous menaçait. (p39)
(1) il tire avec une mitrailleuse M60, calibre 7,62, 550 coups par minute, surnommée « The pig » en raison de sa taille et de son volume.
« Nous américains avons occupé leur territoire pendant près de quinze ans. Nous y avons laissé plus de 58 000 soldats et avons touché l’horreur du bout de nos fusils. Nous avons entièrement détruit ce pays et ravagé, brûlé, carbonisé la moindre de ses collines. Lorsqu’en 1975 nous avons quitté le Vietnam, il ne restait plus rien… (p96)
16 Mars 1968 / Son My / 504 victimes (p156/157)
Un hameau du nom de My-Lai (p158)
(Affaire Thomson p164/165)
Le Vietnam Veterans Memorial (Washington): » J’ai touché le mur sur lequel sont gravés les 58 156 noms des hommes tués au combat ou portés disparus (p171)
UN MATIN DANS LA GUERRE (Édition Fayard) Richard Hammer
Le 16 mars (1968) avant midi,le village de Son My mourut. Ce matin là, des troupes américaines – l’Unité d’intervention Barker – arrivèrent à Son My (hameau de My-lai) avec des bombes, des obus, de petites armes à feu, des torches et des fusées. Lorsque l’unité d’intervention Barker quitta Son My, les maisons étaient rasées, les champs et les moissons murissantes ravagées, le bétail égorgé… plus de 500 personnes -hommes, femmes et enfants- avaient été massacrés délibérément et sans discrimination. (p16)
… des abris souterrains où les gens se protégeaient des bombes, des obus et des fusées, où certains se cachèrent pendant cette journée de mars dans l’espoir de n’être pas découverts tandis que des bruits de bottes retentissaient au dessus de leurs tête. Ils en sortirent le soir pour trouver un charnier. (p27)
Trompée par de fausses informations émanant des services secrets de l’armée, l’unité Barker avait cru que le village était rempli de Vietcongs. Bévue tragique qui n’excuse en rien le massacre perpétré. Nous pouvons juste admettre que la peur du combattant est en mesure de déclencher un moment d’hystérie criminel. L’absence de réaction de « l’ennemi » peut être comprise comme une ruse méritant d’être réprimée avec la plus extrême violence. De là à tuer des gosses, à violer des femmes avant de les étriper…
Partout où passent les américains, ils laissent derrière eux une marque de leur passage, les détritus de notre civilisation: cartouches, obus, boites de conserve, tessons de bouteille, boites de rations alimentaires, chiffons, bouts de papiers . (p28)
« Sommes nous au bon endroit? Les vietnamiens disent que le Viet-cong occupe My -Lay, mais il y a six My-Lai sur nos cartes » (p41)
Ce sont des gamins de dix neuf, vingt ou vingt et un ans… Pour beaucoup d’entre eux, c’est la première fois qu’ils quittent leur famille. (p67)
(à propos de Médina, l’officier supérieur qui mena la Cie Charley, responsable du massacre) Si Médina a le souci de ses hommes, ceux ci remarquent qu’il ignore complètement les vietnamiens…On sent qu’ils lui sont complètement indifférents. Il parait parfois ignorer qu’ils sont là. Il ne fait pas attention à eux. il ne sait pas qu’ils existent. Excepté bien sûr, si l’un de nous est blessé, alors il se met vraiment en colère et nous dis de nous venger. (p96)
La peur accompagne toujours ces patrouilles, peur que le champ ne soit bourré de mines, qu’un engin piégé ne soit posé sur la piste, peur de tomber, au premier tournant, sur une embuscade Vietcong. Et cette peur provoque une colère et une haine qui montent; on exècre le Vietnamien, tous les Vietnamiens. (p99)
Medina s’impatiente parce qu’on ne se bat pas assez et qu’il est avide d’action: « Il voulait que sa compagnie soit toujours en tête du combat, il voulait que nous bagarrions d’avantage et que nous fassions plus de morts » dit le fusilier Richard Pendleton. (p100)
Le peloton avance sur une route fangeuse, il repère une femme et un bébé, au milieu d’un champ, tout proche. C’est l’heure du repos, les hommes rompent les rangs et se reposent sur le bord de la route. Plusieurs soldats entrent dans le champ, se dirigent vers cette femme et son enfant. Ils s’en saisissent, la jette à terre puis passent sur elle, les uns après les autres et la violent pendant que l’enfant hurle et se débat dans les bras d’un soldat. Quand ils ont fini, l’un des hommes prend un fusil et, d’un air indifférent, tue cette femme d’un coup dans la tête. Après quoi, il tue l’enfant. (p100)
Ils en sont arrivé à considérer le vietnamien comme un être d’une espèce inférieure qui ne vit que par la grâce des américains: les tuer n’est pas un crime. C’est répandre du DDT sur un insecte gênant. (P102)
l’ennemi réduit à l’état d’insecte nuisible était la vision des nazis pour les juifs, mais aussi celle des hutus à l’égard de leurs compatriotes Tutsis qu’ils massacrèrent en 94 au Rwanda.
L’un de ceux qui ont été tués par les mines de Lac Son avait dix-neuf ans – Bobby Wilson. Son ami Paul Meadlo dira de lui: « c’était un chic copain ». Il n’aura qu’une idée, venger son ami, attaquer ceux qui ont posé les mines, l’ennemi invisible. (P113)
« Quand l’attaque a commencé, personne n’aurait pu nous arrêter » dit le sergent Charles West… Le besoin de tuer, de massacrer se répandit dans le peloton comme une maladie contagieuse. (P114)
Il n’y a pas d’ordres, pas de liaisons, il n’y a que des actions et des réactions, ici et là et partout. (P113)
Témoignage d’un soldat-canardeur nommé Michael Benhardt: » J’ai compris, dit-il à un reporter, qu’agir de cette façon, assassiner sans raison, vous savez, ça peut arriver à tout le monde ». (p117)
Partout ce ne sont qu’incendies, explosions, coups de feu, partout des morts, les cris des vivants et l’odeur âcre de la chair qui brûle sur les bûchers des huttes. Et, de temps à autre l’affreux rire hystérique d’un soldat. (P119)
Nguyen Thi Doc « entendit les américains descendre du ciel ». En l’espace de quelques minutes ils furent à sa porte. Sans dire un mot, ils arrosent la maison d’une rafale de mitrailleuse. Son mari, son fils, ses deux filles et sept de ses petits enfants – l’aîné avait neuf ans – tués sur le coup.(p123)
Miracle: le sous-officier Thomson apparaît avec son hélicoptère. En faisant plusieurs navettes périlleuses, Il sauve des enfants terrorisés qu’il amène à l’hôpital le plus proche. Des soldats de la Compagnie Calley tentent d’intervenir. Il menace de les fusiller avec la mitrailleuse de son engin volant. Son acte est jugé héroïque par les autorités américaines qui lui décerne la Distinguish Flying Cross.
Medina et Calley, entre autres, seront jugés. Calley pour le meurtre de 102 civils..
Le New york Times déclara que « les Américains doivent faire face aujourd’hui à un grave problème de conscience ».
On tenta d’étouffer l’affaire.
La guerre a transformé les jeunes gens, devenus des soldats, en brutes cruelles qui fêtent un massacre comme une victoire. Elle conduit une grande partie des américains à contempler cette atrocité en se contentant de dire: « c’est la guerre, quoi! » et à blâmer non pas les auteurs du massacre, non les responsables mais ceux qui l’ont dévoilé.(P182)
Y a t-il eu d’autres affaires du même genre?
Un médecin britannique, le docteur Venemma, en poste à l’hôpital de Quang Ngai (non loin du lieu des faits) déclara qu’il était tellement habitué à ces hécatombes de civils que l’histoire de Son-My ne lui paraissait « pas particulièrement extraordinaire » (P167).
Parents! N’envoyez pas vos gosses à la guerre.
Vous savez qu’ils peuvent y devenir des petits durs! des marlous!!, des vauriens!!!
DOCUMENTAIRE SUR MY-LAY
Dernière parole prononcée par l »un des participants au massacre de My-Lai: » je porterai ce fardeau jusqu’à ma mort.Je ne peux pas parler pour les autres soldats mais c’est une culpabilité tellement forte qu’il est impossible de s’en débarrasser. Une fois qu’on a tué quelqu’un, on ne peut pas se débarrasser de son sentiment de culpabilité ».
Film : Les Fantômes de My Lai Un film écrit par Thomas Bronnec Réalisé par Thomas Bronnec et Jean Crépu / 2008- 52′
On doit passer plus de temps (et plus d’argent) à préparer la paix qu’à préparer la guerre . C’est une question de sauvegarde de l’espèce humaine.
Depuis toujours, on est submergé par l’idée que la force, la violence, la guerre peuvent et doivent seules régler les problèmes qui se posent à l’Humanité. D’où la prééminence de la préparation à la guerre et non à la paix.
Quand des gendarmes français se comportent comme des crapules.
A plusieurs reprises, les gendarmes disent: « il faudrait en tuer deux ou trois, ça va les calmer ». Sur France Inter, le ministre Nunez informe le 6 novembre 2025 qu’une enquête administrative est ouverte pour savoir s’il y a eu des infractions. Est-il besoin d’une enquête (deux ans après les faits) pour savoir si des gendarmes « Gardiens-de-la-paix » ont le droit ou non d’exprimer tout haut leur haine des manifestants?
A la porte Nunez!
My-Lai / Sainte Soline: même combat / même désastre humain
Partout des êtres de condition modeste s’entre-tuent pour des puissants qui les méprisent
Économies et sociétés en Grèce ancienne
Michel Austin / Pierre Vidal-Naquet
Quand la misère sociale fait le mercenaire
Pour des milliers d’hommes issus des régions pauvres de la Grèce, le mercenariat est la seule forme possible de promotion sociale avant que les conquêtes d’Alexandre ne fassent d’eux les citoyens des villes nouvelles d’Asie ou des clérouques (colonies offertes à des citoyen-soldats) de l’Égypte. Pour des milliers d’hommes aussi, l’armée est elle-même une cité, la seule parfois qu’ils connaissent (p158).
Pour Isocrate, le problème est essentiellement un problème social. Il s’agit d’installer tous les mercenaires errants sur des terres conquises sur l’Empire Perse, résolvant ainsi les difficultés essentielles du monde grec. (p158)
Aristote, après avoir attesté l’importance d’une certaine spécialisation dans la guerre, s’en tient quand même à la notion d’une armée de citoyens. Platon, après avoir admis dans « La République » les aspects nouveaux de la guerre au IVème siècle et avoir postulé la nécessité d’une armée spécialisée dans la cité idéale, revient dans « Les Lois » à l’idée du soldat citoyen. (p159)
Quand le mercenaire fait les colonies
Au problème social de la Grèce va s’offrir une solution commode, esquissée dès la fin du Vème siècle : les grecs devront conquérir une partie de l’Asie et s’y installer, exploitant le travail des population barbares asservies. (p176)
Aristote dans « La Politique » cherchera à donner une justification théorique de l’esclavage. Le peuple grec est fait pour commander, les peuples de l’Asie pour obéir ; le barbare est donc l’esclave naturel (p176)
Dans le monde hellénistique conquis par Alexandre, les nouvelles cités grecques fondées en Asie peuvent ressembler superficiellement à la cité classique ; en fait, on en est loin, car la masse du travail sera effectivement fournie par les populations asservies de l’Orient. (p177)
Razzias de troupeaux. Guerres de vengeance et de conquête dans la Grèce Antique
Je tuai Itymoneus, brave fils d’Hypeirochos, qui habitait l’Elide : je faisais une représaille et lui combattait pour défendre ses vaches. D’emblée il fût atteint par un javelot parti de ma main, et ses hommes, des paysans, fuirent de partout. Nous ramenâmes en le poussant, depuis la plaine un beau butin : cinquante troupeaux de vaches, autant de brebis et de groupes de cochons, autant d’amples hardes de chèvres, cent cinquante chevaux blonds, toutes des femelles, beaucoup avec un poulain sous elles. Nous repoussâmes donc le tout jusqu’à Pylos, le pays de Nélée, marchant de nuit vers la ville. Et Nélée de se réjouir en son cœur du succès que, parti si jeune à la guerre, j’avais rencontré. (illiade XI) (p224)
La France ne s’est jamais remise de l’Affaire Dreyfus. Trop de mensonges et de trahisons!
Elle ne s’est pas non plus remise de l’Affaire Pétain. Elle en redemande…
Il est impossible d’arrêter les guerres sans une révolution des mentalités, sans la refonte complète des états. Tout est lié.
Un monde en guerres de Claude Serfati
(Les Editions Textuels)
Engels constate que ces innovations technologiques incessantes qui sont destinées à assurer la supériorité sur le champ de bataille nourrissent une course aux armements entre les pays européens. « la course entre le blindage et l’efficacité du tir est si peu arrivée à son terme qu’aujourd’hui un navire, d’une façon presque générale, ne répond déjà plus à ce qu’on en exige, est déjà vieilli avant d’être lancé » (Engels 1887) (p69)
Engels formule l’hypothèse que si le militarisme n’est pas arrêté, on assistera à « une guerre mondiale d’une ampleur et d’une violence encore jamais vues. Huit à dix millions de soldats s’entr’égorgeront ; Ce faisant, ils dévoreront toute l’Europe comme jamais ne le fit encore une nuée de sauterelles ». (P69)
Pour Engels, l’industrialisation de la production d’armes annonce donc l’industrialisation de la mort. Ce fût le cas au cours de la Première guerre mondiale. Le général anglais qui commandait la bataille de la Somme estimait que les bombardements des pays alliés avaient nécessité 107 000 tonnes de bombes et que chaque kilomètre carré « conquis » avait provoqué la mort de 5400 soldats (p70)
Les trois caractéristiques spécifiques à la militarisation capitaliste qu’Engels avait décelées – industrialisation de la production d’armes, course aux armements auto entretenue, mondialisation de la guerre – ont révélé leur potentiel destructeur au cours du XXème. La première guerre mondiale, avec près de 10 millions de militaires morts entre 1914 et 1918, ne fut qu’une répétition générale. Pendant la seconde guerre mondiale, engagée comme un résultat inachevé par la Première guerre mondiale des rivalités impérialistes, 50 millions d’êtres humains perdirent la vie (p73)
Après ces quelques phrases mijotées par Friedrich Engels à la fin du 19°siècle, Claude Serfati nous livre un point de vue totalement prémonitoire sur le tour que prend l’actuel situation internationale : … Nécessité d’une puissance dominante. Celle ci, qualifiée « d’hégémon », doit à la fois posséder des capacités économiques et militaires inégalées mais elle doit également désirer assurer le bon fonctionnement de l’ordre libéral international dont elle retire des avantages mais supporte aussi des contraintes… Quelques chercheurs notaient que ce pays (les USA) était périodiquement tiraillé par des pulsions nationalistes qui le poussaient vers l’unilatéralisme. A partir des années 1980, les critiques les plus fortes au sein de ce courant dominant craignaient même que les États- Unis ne se transforment en « hégémon prédateur » (p204). Mission accomplie chef!
Claude Serfati ajoute page 239 : l’ascension économique de la Chine adossée à un puissant dispositif militaire remet en cause le système interétatique construit en 1945 et elle menace donc directement l’hégémonie états-unienne.
Il ajoute pour tous les systèmes construits autour de l’IA : Ce sont des systèmes d’armes qui, une fois activés, peuvent sélectionner et viser les cibles sans autre intervention d’un opérateur. Ces armes qui disposent de fonctions joliment qualifiées de « Tire et oublie » (Fire and forget) présentent plusieurs caractéristiques fonctionnelles : la capacité à tuer, la capacité de fonctionner sans avoir besoin de l’intervention ou d’un contrôle humain. La capacité d’apprentissage par des interactions avec l’environnement qui leur permettent d’élargir leurs fonctionnalités et enfin l’impossibilité d’interrompre une opération une fois qu’elle a été lancée (p296) .
« le Docteur Folamour » reçoit tous les jours de 9h à 20 heures…
Pour finir : Chaque soldat américain engagé en Afghanistan a coùté entre 850 000 et 1,2 million de dollars – sans compter les coûts liés aux physiques et maladies mentales (14 % à 16 % des soldats engagés en Irak et en Afghanistan en souffrent).
Merci Monsieur Serfati
(le Premier Ministre Israélien a dit qu’il était prêt à) »Finir le travail! »… Les nazis employaient le même langage
On n’est pas obsédé dans l’armée par la peur de mourir, mais par celle d’être moins viril. On ne te dit jamais : attention, tu vas te faire tuer. Mais on répète plusieurs fois par jour : « fais gaffe, tu vas te faire couper les couilles ».
Jean Jacques Servan Shreiber « Lieutenant en Algérie » ‘Edition Press Pocket page 77
Clémenceau de Michel Winock (Edition Tempus)
Dans son jeune temps, il était révolutionnaire, exigeant que l’on appliqua stricto sensu la devise républicaine: Liberté, Égalité, Fraternité. Il tourne casaque avec le temps, devient un politicien rusé, accepte d’être nommé Ministre de l’intérieur, et Président du conseil pendant la guerre de 14. Il abreuve alors la population de formules bêtement chauvines. Voir ci-dessous certaines d’entre elles que Michel Winock a tiré d’articles écrits par Clemenceau ou de déclarations du même à l’Assemblée Nationale.
Paroles de Clemenceau
« De bonne foi nous voulons la paix, nous la voulons parce que nous en avons besoin pour refaire notre pays. Mais, enfin, si on nous impose la guerre, on nous trouvera ».
(Aux pacifistes) » Tandis que tu désarmes, entends-tu le fracas des canons de l’autre côté des Vosges? Prends garde. Tu pleurerais tout le sang de ton cœur sans pouvoir expier ton crime ».
» Et toi, ta France, ton Paris, ton village, ton champ, ton chemin, ton ruisseau, tout ce tumulte d’Histoire dont tu sors puisque c’est l’œuvre de tes anciens, tout cela n’est-il donc rien pour toi et vas tu sans émoi livrer l’âme dont est pétrie ton âme à la fureur de l’étranger ? »
« On m’a beaucoup reproché, parmi mes amis, de voter avec la réaction dans cette affaire. Et je leur répondais: quand nos soldats marcherons à l’ennemi, les républicains marcheront avec les réactionnaires. Il n’y aura plus ni républicains, ni réactionnaires, il y aura des français ».
« les soldats allemands, nos pères avant 1870, les avaient déjà rencontrés sur beaucoup de champs de bataille où la fortune, assez souvent, ne leur furent pas favorable. Demain, le livre de comptes va s’ouvrir, nous devrons résister, peut-être à un colossal effort sur tous les fronts à la fois. Le choc sera terrible. Les hommes de l’Allemagne seront reçus comme ils doivent par des soldats français ».
« Et maintenant, aux armes! Tous. J’en ai vu pleurer, qui ne seront pas des premières rencontres. Le tour viendra de tous. Il n’y aura pas un enfant de notre sol qui ne soit pas de l’énorme bataille. Mourir n’est rien. Il faut vaincre. »
« Nous ne savons plus rien sinon que nous sommes les enfants de la même France, et que cette mère de beauté, de grandeur, de vaillance a besoin de nous. Elle a dit: « A moi! » et nous nous sommes retrouvés frères, stupides d’avoir pu croire que nous étions ennemis ».
« Une visite au front (…) m’a procuré le plaisir d’aller coucher une nuit au fort de Douaumont. C’est un voyage dans la boue glacée. J’ai vu là de pauvres bougres qui sont des êtres sublimes. Quelle tristesse de revenir à l’arrière ».
« J’ai trouvé, sous des capotes ruisselantes, dans une atmosphère infecte, des hommes qui dormaient comme s’ils avaient couchés dans le meilleur lit; à quatre heures du matin, sur un simple geste du caporal, j’ai vu des soldats, sans un mot, se lever, puis partir, sous les obus qui tombaient de tous les côtés… Ces hommes sont grands dans leur vie, ils sont grands dans leur âme, ils veulent de nobles choses, ils ne se jugent pas toujours comme il faudrait, mais ils donnent leur vie, on ne peut leur demander rien de plus ».
(il n’oublie pas) « ces silencieux soldats de l’usine, sourds aux suggestions mauvaises (?!!), ces vieux paysans courbés sur leur terre, ces robustes femmes au labeur, ces enfants qui leur apportent l’aide d’une faiblesse grave: voilà nos poilus ».
La guerre! Rien que la guerre! Nos armées ne seront pas prises entre deux feux, la justice passe. Le pays connaîtra qu’il est défendu.
« Un jour, de Paris au plus humble village, des rafales d’acclamation accueilleront nos étendards vainqueurs, tordus dans le sang, dans les larmes, déchirés des obus, magnifique apparition de nos grands morts. Ce jour, le plus beau de notre race… ».
» Passant dans mon pays de Vendée, j’y ai vu des paysans qui me disaient qu’ils avaient quatre de leur fils tués, le cinquième prisonnier et le sixième sur le front. « Pouvez vous nous promettre que cela finira bien? Je répondais: oui cela finira bien. – Alors je donne tout à mon pays! ».
Il voit un fantassin décoré d ‘une croix de guerre et de plusieurs palmes: – Sept palmes? C’est bien! d’où es tu ?
(le tutoiement dit tout!)
– De Marseille.
– tu as été blessé?
– Oui, mon président, treize fois…
» La France… autrefois soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité, toujours soldat de l’idéal « .
(de retour d’Alsace à la fin de la guerre) « Les vieux et les vieilles, qui n’avaient plus qu’un souffle, je les voyais lever leurs mains tremblantes, crier: la France! La France! La France! « .
« Tous les cœurs ont frémi d’une indicible horreur mais les larmes des supplices et le sang des blessures nous ont laissés meilleurs, plus hauts, plus grands, plus complètement français.
(Culpabiliser les tièdes.)
Ces discours pompiers, coups de clairon dans les steppes du grand nord, s’immiscent et s’engluent dans les cerveaux pour dire que nous sommes les petits enfants d’une déesse-mère à la fois merveilleuse et monstrueuse sans qui nous ne sommes rien. Pitié. La France n’est pas la création d’un dieu tout puissant et les guerres, particulièrement celle de 14/18, sont une engeance qui a fait de nous des orphelins. Tous, et pour l’éternité.
Clemenceau s’est rattrapé un tout petit peu avec l’affaire Emile Cottin. Celui-ci, jeune anarchiste, s’était mis en tête d’assassiner Clemenceau. Il passa à l’acte le 19 février 1919. Clemenceau s’est pris 3 balles qui ne lui ôtèrent point la vie. Cottin est condamné à la peine de mort. C’est alors que Clemenceau intervint auprès du Président Poincaré pour lui demander sa grâce. Ce qu’il accorda. Cottin fit quelques années de prison puis s’engagea dans la guerre d’Espagne au sein de la colonne Durruti; il y mourrut en octobre 36.
Démarche remarquable de Clemenceau auprès de Poincaré. Autre belle initiative du ténébreux radical: son acharnement à déclarer innocent le Capitaine Dreyfus. Il consacra plusieurs années à sa cause.
On lui doit cette phrase: « le droit prime la force: voilà le principe de la civilisation » (Clemenceau / Winock p263)
Livre: Volia (Edition Grasset): Engagée volontaire dans la résistance ukrainienne /Anastasia Fomitchova
Habitant la France avec sa mère, elle s’est rendu 2 fois en Ukraine. En 2014, après l’invasion de la Crimée puis en 2O22 quand les Russes se sont mis en tête de rapatrier son pays natal. L’Ukraine a été pendant des siècles l’esclave et le souffre-douleur de l’ours russe. Après la chute du Mur, elle a cru enfin détenir son indépendance. C’était sans compter Poutine, le nouvel Yvan le Terrible persuadé qu’on a lui a volé l’Ukraine. Et son charbon.
Anastatasia devient secouriste (Médic). Elle retrouve son père resté là-bas avec une nouvelle femme. Il habite Boutcha qui est le théâtre d’une extermination dont elle verra les effets. Une horreur.
Son expérience de secouriste est traumatisante mais elle l’assume jusqu’au bout, transie de peur.
Anastasia Fomitchova offre un témoignage rare, donc précieux. Nous sommes plutôt habitués ici-bas à entendre des « spécialistes« nous entretenir à l’infini des plans de guerre et de paix, de l’usage des armes, de leur qualité et de leur coût. Il s’agit là de sentir à vif ce qui est vécu par les volontaires et les combattants: l‘effarement, le dégoût, l’extrême solitude…
Cette personne est une tête. Mais c’est aussi une âme.
Extraits:
… Cette VOLIA, cette force nourrie que nous portons à notre pays (p13)
En 2014, le bataillon des Hospitaliers avait été crée sur le front du Dombass. (p42)
Je préfère mille fois être là parmi les miens, qu’enfermée à l’extérieur de nos frontières… s’il faut mourir, autant mourir en uniforme, en défendant ma ville.(p52)
La langue ukrainienne, interdite pendant l’Union soviétique portait encore les traces des stigmates infligés à notre nation au fil des siècles. (p52)
Protéger ma famille, protéger ceux qui ont choisit de rester et de se battre est tout ce qui compte. (p53)
Nous recevons des formations au maniement des armes. (p57)
Dieu peut accepter la violence quand elle est exercée pour se défendre. (p62)…L’archange Mickail, le protecteur de notre ville, porte à la fois le glaive et le bouclier. (p63)
Dans nos frontières de 1991, nous étions un jeune pays avec une histoire très ancienne, traversée par des siècles de domination. (p63)
(Holodomor. Grande famine organisée par les soviétiques en 1933. 2,5 à 5 millions d’Ukrainiens en périrent) Ses cheveux que sa mère tressait en nattes depuis son enfance, tombaient par poignées, et parfois, quand elle les regardait restées dans sa main, elle avait l’impression de voir des épis de blé. (p 67)
(Marioupol) pour l’heure, nous ne pouvons qu’assister, impuissants, au massacre de plusieurs dizaines de milliers de civils, dans une ville qui deviendra un cimetière à ciel ouvert en l’espace de quelques semaines. (p70)
Une dame âgée tient par la main une fillette qui n’a pas l’air d’avoir plus de 7 ou 8 ans: « ils ont voulu l’emmener pour la violer. Mais un soldat russe s’est interposé, et nous a même apporté de l’eau et de la nourriture de temps en temps. C’est comme ça qu’on a survécu ». (P94)
Rapporter ce dernier élément à l’affaire du pilote d’hélicoptère Thomson que nous évoquons plus haut dans cette page. (massacre de Mi-Lay – Vietnam – 1968)
Dés qu’ils trouvaient un symbole ukrainien, une chemise brodée chez quelqu’un, ils exécutaient toute la famille. Ils tuaient tout le monde. (P94)
Une vingtaine de femmes, forcées de se mettre à genoux et de supplier, ont été abattues dans un trou qu’elles avaient elle-mêmes creusé (p95)
Sur certains murs, à l’intérieur des maisons, nous retrouvons des inscriptions écrites par les russes: « Désolés pour le désordre, mais l’OTAN va venir vous sauver » (p96)
Les russes nous ont toujours méprisés, ils ne nous jamais considérés comme leurs égaux. (p102)
La mentalité de ces soldats a été façonnée par un système qui leur a appris à nous haïr, à nous déshumaniser. (p103)
J’étais subjuguée par la force de la camaraderie qui unissait ces gens, combattants et volontaires confondus. (p110)
La coquetterie comme les instants volés autour d’une table, l’esprit de camaraderie, les blagues. tout cela ne servait qu’à trouver une échappatoire dans cet univers où la douleur, la peur, la vie et la mort se côtoyaient comme nulle part ailleurs. (p115)
(2017) On a besoin de paramédics, de petites mains qui vont chercher les blessés… Tu as peur du sang? – Non, répondis-je, le cœur battant, à toute vitesse . (p119)
Dans la ville, il n’y a pas d’eau, pas de réseau. Il y a une centaine de blessés par jour. (p.125)
La veille de notre départ (pour le front), la commandante nous demande de fournir nos instructions pour nos funérailles. (p127)
Dans le hall d’entrée où la commandante m’avait annoncé que je pouvais les rejoindre, se trouvaient les photos de ceux qui ont été tués sur le front. (p129)
(hôpital de Lyssytchansk) Nous sommes prévenus de l’arrivée de blessés. Stressés nous enfilons nos gants avant de nous précipiter dans le couloir. Commence alors un carrousel de l’horreur, de bras et de jambes à moitié arrachés, seulement rattachés par un bout de peau caoutchouteux, de cavités diverses creusés dans la matière molle de la chair par des éclats de métal. (p135)
… les organes amputés que nous ne pouvons pas sauver partent tout simplement dans la poubelle.
… Nos journées se résument à des dizaines de bras et de jambes coupés. (p137)
Notre morgue est pleine d’enfants, de petites filles et de petits garçons, parfois encore nourrissons, et de leurs parents qui pensaient qu’ils avaient encore le temps. (P147)
Fuir et abandonner nos terres face à l’ennemi est comme s’amputer d’une partie de soi. (p151)
Par moment, le nombre de cas graves amenés est tellement importants que nous nous retrouvons à essayer de les sauver à même le sol, dehors sur le parvis de l’hôpital. (p161)
Je découvre la variété de fluides qu’un corps peut contenir et je me retrouve à nettoyer, en dehors du sang, le vomi et les déjections des blessés, tâches sur lesquelles personne n’a envie de s’attarder. (p163)
Cette usine de l’enfer.
(un prisonnier russe, blessé, est amené à l’hôpital) La haine s’est emparée de mon être et de mon âme comme un feu brûlant, une haine contre ce russe que je ne connais pas, et contre toute son espèce, celle qui a envahi notre terre, et qui, chaque jour, travaille à nous éliminer. (p172)
Il m’est presque impossible d’imaginer qu’il puisse encore exister un ailleurs où la vie, les lois du monde et de l’humanité n’ont pas basculé. (p180)
Visualiser ma propre mort, mon enterrement, est au dessus de mes forces. Entre nous on se dit que de toute façon on n’entend pas la balle qui vient te tuer. Si c’est fini, c’est fini.(p211)
Je suis tétanisé par les armes chimiques, notamment le phosphore que nos ennemis utilisent partout sur le front. Ce gaz est réputé brûler la peau jusqu’ à l’os et liquéfier les poumons en cas d’inhalation. (p212)
… Chaque minute consacrée à des questions protocolaires, dans le monde verni des relations internationales se solde ici chaque jour par des centaines et des centaines de vies brisées en plus. (p197)
Le champ de bataille, le champ de la mort.
Je suis parvenu à outrepasser la peur de mourir. Sinon comment trouver assez de courage pour affronter ça… Mais la douleur, l’idée de cette douleur insoutenable que j’ai déjà vue sur tant de visages, continue de me terrifier. (p228)
Il n’y a pas d’héroïsme dans les tranchées, seulement la solitude face à la mort. (p252)
François Mauriac écrit en 1943:
« Seule la classe ouvrière dans sa masse aura été fidèle à la France profanée. » Voir nos deux films « La classe ouvrière va en enfer » et « Histoires de Sein par temps de guerre », sur la première page de notre site (Janvier 2024) pour illustrer ce propos.
La prochaine page de notre site delaguerreetdelapaix verra le jour le 15 mars 2026